La Voluptueuse

Terrible, ça, dit la fillette, parce que ça saigne du sang blanc.

Elle incisait avec ses ongles des têtes vertes de pavots. Son petit camarade la regardait paisiblement. Ils avaient joué aux brigands parmi les marronniers, bombardé les roses avec des marrons frais, décapuchonné des glands nouveaux, posé le jeune chat qui miaulait sur les planches de la palissade. Le fond du jardin obscur, où montait un arbre fourchu, avait été l’île de Robinson. Une pomme d’arrosoir avait servi de conque guerrière pour l’attaque des sauvages. Des herbes à tête longue et noire, faites prisonnières, avaient été décapitées. Quelques cétoines bleues et vertes, capturées à la chasse, soulevaient lourdement leurs élytres dans le seau du puits. Ils avaient raviné le sable des allées, à force d’y faire passer des armées, avec des bâtons de parade. Maintenant, ils venaient [...]

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L’Exaucée

Cice replia ses jambes dans son petit lit et tendit l’oreille contre le mur. La fenêtre était pâle. Le mur vibrait et semblait dormir avec une respiration étouffée. Le petit jupon blanc s’était gonflé sur la chaise, d’où deux bas pendaient ainsi que des jambes noires molles et vides. Une robe marquait mystérieusement le mur comme si elle avait voulu grimper jusqu’au plafond. Les planches du parquet criaient faiblement dans la nuit. Le pot à eau était pareil à un crapaud blanc, accroupi dans la cuvette et humant l’ombre.

[...]

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Paroles de Monelle

Monelle me trouva dans la plaine où j’errais et me prit par la main.

 

— N’aie point de surprise, dit-elle, c’est moi et ce n’est pas moi ;

Tu me retrouveras encore et tu me perdras ;

Encore une fois je viendrai parmi vous ; car peu d’hommes m’ont vue et aucun ne m’a comprise ;

Et tu m’oublieras et tu me reconnaîtras et tu m’oublieras.

[...]

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L’Emballage


 
Le poupard était bon : le raille nous aggriffe,
Marons pour estourbir notre blot dans le sac.
Il fallait être mous tous deux comme une chiffe
Pour se laisser paumer sur un coup de fric-frac.
 
[...]

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