Les miroirs, par les jours abrégés des décembres, Songent — telles des eaux captives — dans les chambres, Et leur mélancolie a pour causes lointaines Tant de visages doux fanés dans ces fontaines Qui s’y voyaient naguère, embellis du sourire ! [...]
Douceur d’associer notre âme à cette vie Des chambres, qui du moins sont bonnes à nos maux ; Car, pour nous consoler, il ne faut pas des mots Et leur silence aux linges frais nous lénifie — Tel un malade entrant dans un lit rafraîchi ! [...]
Tel soir fané, telle heure éphémère suscite Aux miroirs de mon Âme un souvenir de site ; Sites recomposés, qu’on eût dit oubliés : D’un canal mort avec deux rangs de peupliers Dont les feuilles vont se cherchant comme des lèvres ; [...]
Douceur du soir ! Douceur de la chambre sans lampe ! Le crépuscule est doux comme une bonne mort Et l’ombre lentement qui s’insinue et rampe Se déroule en fumée au plafond. Tout s’endort. [...]