Jules Lefèvre-Deumier(1797-1857) Poèmes disponiblesLes Chemins de Fer Les Horloges Le Navire gelé Le Passé Le Phosphore Le Rouge-Gorge ![]() |
Ne maudissez pas la vie parce qu’elle a des jours nébuleux et sombres : l’homme passe plus vite encore que les nuages qui l’attristent. Traversez par la pensée le voile qui vous cache les cieux, et le soleil ne vous manquera pas. Ne laissez pas de pâles brouillards obscurcir votre lampe, et désarmez l’hiver par votre sérénité. Quand la terre grelotte sous sa robe de givre, et que la buse met en fuite tous les oiseaux, ces frileux courtisans des beaux jours, le petit rouge-gorge cherche à dédommager la nature de leur absence. Oublieux des frimas, et bien loin souvent des granges hospitalières, il sautille et chante dans la neige. Soyez comme lui, poètes, et chantez dans les larmes : votre cœur aura moins froid.
Des voyageurs racontent qu’au milieu des glaces arctiques, ils rencontrèrent un vieux navire gelé par les hivers. Ils pénétrèrent, avec une terreur mêlée de respect, dans cette nef vide et froide, où tout semblait métamorphosé par le temps : les voiles, les agrès, les cordages. Ils peignent, d’une manière grave et puissante, le spectacle qu’on apercevait du tillac, à travers les embrasures de neige qui formaient ses bastingages. Le navire était immobile, et l’on voyait au loin des Alpes vagabondes, qui se ruaient les unes contre les autres avec un bruit épouvantable. Je me suis souvent rappelé cette image, en entrant le soir dans une église, dans ces grands vaisseaux de pierre, à l’ancre au milieu des tempêtes et des roulis du monde, qui défient les orages de leurs mâts de granit et de leurs voiles de marbre ; on se sent saisi d’une sorte d’effroi curieux, en songeant que cette barque pétrifiée a beau ne pas bouger des flots, [...]
C’était l’automne, la nuit. Le vent sifflait dans les arbres dépouillés du bois, et miaulait le long des bergeries, comme s’il eût voulu, pour se réchauffer, partager la litière des moutons. La pluie fouettait avec rage les vitraux de ma chaumière, et comme irritée de la trouver fermée. Assis près du feu, j’écrivais à la lueur de ma lampe mes souvenirs ou mes rêves, ce que j’ai vu ou ce que j’aurais voulu voir ; et, tout en m’occupant du passé, je l’oubliais. Le travail est un dieu qui nous permet de changer de monde. Un autre bruit que celui de l’orage me ramena bientôt sur la terre. J’entendis bien distinctement frapper à ma porte. J’ouvris, et je ne vis personne. Je me remis à ma place et je repris ma plume. Mais je n’étais plus seul. Un hôte que je n’avais pas vu était entré, un hôte bien connu qui ne souffre pas qu’on l’oublie, qui venait voir si j’étais tranquille, ou si je pensais à lui : c’était le chagrin. |
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