Jean-Baptiste Chassignet

(1570 ?-1635 ?)

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À beaucoup de danger est sujette la fleur...

Archimède abusé, pendant que tu t’abuse...

Assieds-toi sur le bord d’une ondante rivière...

Celui quiconque apprend à mourir constamment...

Ce que tu vois de l’homme, homme, l’homme n’est pas...

Comme petits enfants d’une larve outrageuse...

Compte les ans, les mois, les heures et les jours...

Désormais éloigné du monde injurieux...

Est-il rien de plus vain qu’un songe mensonger...

Le malade affligé de la pâle jaunisse...

Le tracassant Veneur communément méprise...

L’enfance incontinent meurt devant la jeunesse...

L’Enfance n’est sinon qu’une stérile fleur...

Mortel pense quel est dessous la couverture...

Nos corps aggravantés sous le poids des tombeaux...

Notre vie est semblable à la lampe enfumée...

Nous n’entrons point d’un pas plus avant en la vie...

N’est-ce pas la raison que le profit redonde...

Quand le fruit est vieilli, la feuille ternissante...

Quelquefois les chevaux vont caparaçonnés...

Qu’est-ce de votre vie ? une bouteille molle...

Si le simple enfançon, et le fol irrité...

Si tu meurs en jeunesse, autant as-tu goûté...

Tantôt la crampe aux pieds, tantôt la goutte aux mains...

Toute chose aisément retourne à sa nature...

Va par les carrefours des places désolées...

Vous quiconque alléchés des voluptés charnelles...

Vu que tous étaient morts, un seul est mort pour tous...

 


 
Quand le fruit est vieilli, la feuille ternissante
Est de nulle valeur, quand les raisins contraints
Ont passé par deux fois sous les pressoirs étreints,
On jette à l’abandon la pressure fumante.
[...]

[lire le poème...]


L’Enfance n’est sinon qu’une stérile fleur,
La jeunesse qu’ardeur d’une fumière vaine,
Virilité qu’ennui, que labeur, et que peine,
Vieillesse que chagrin, repentance, et douleur ;
 
Nos jeux que déplaisirs, nos bonheurs que malheur,
[...]

[lire le poème...]


Si le simple enfançon, et le fol irrité
Ne craignent de la mort l’indomptable puissance,
Sages, aurons-nous moins de force et d’assurance
Qu’en fournit leur sottise et leur simplicité ?
 
L’homme engendré du temps, voit de nécessité
[...]

[lire le poème...]

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