André Mage de Fiefmelin



 
Comme un navire en mer au fort de la tourmente,
Prêt à choquer les rocs par les vents agité,
Sitôt qu’un feu de joie a montré sa clarté,
L’air se tait, l’eau se calme, et l’orage s’absente,
 
La nef sans peur recourt sur sa première sente
Au rivage étranger qu’elle avait écarté,
Fait voile assurément, mire son nord quitté,
Et selon son dessein surgit au port contente,
 
Mon âme ainsi, battue et des vagues d’ennui
Et des rocs du malheur, périssait aujourdhui
Au gouffre de ses maux, sans la faveur divine.
 
Ton œil, mon feu de joie, ô Dieu, m’a secouru,
Et ta main m’a d’enfer demi-mort recouru :
Ainsi vit qui en temps sent ta grâce bénigne.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 18 juillet 2015 à 11h22

Serpent de sable
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Je vis au fond des bois, je suis noir, je serpente ;
D’un lieu à l’autre lieu, je vais sans m’agiter,
De lune et de soleil j’absorbe la clarté,
Ou, d’autres fois, je songe à leur lumière absente.

De la sombre forêt, je connais chaque sente ;
J’aime par-dessus tout les recoins écartés
Que parfois, au matin, j’ai du mal à quitter,
Tant leur éloignement rend mon âme contente.

Merci à ces vallons qui m’ont tant secouru
Quand, au fil des années, je les ai parcourus,
Sous le brûlant soleil ou sous l’averse fine.

Je subsiste en ces bois, sans crainte et sans ennui,
En savourant, ce jour, les parfums d’aujourd’hui,
Dont, pour mon humble corps, la fragrance est divine.

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Déposé par Cochonfucius le 7 janvier 2017 à 10h03

Nef des rois mages
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L’étoile sur la mer nullement ne serpente,
Car un céleste objet n’est jamais agité ;
De lune et de soleil surpassant la clarté,
Elle franchit les lieux dont la vie est absente.

La surface de l’eau ne forme nulle sente,
Mais du cap, cependant, il ne faut s’écarter,
Que le mage attentif se garde de quitter ;
La brise est régulière, on la croirait contente.

C’est leur astronomie qui les a secourus
Au long de ce trajet par eux trois parcouru,
Avec l’or, et l’encens, et la myrrhe très fine.

Si le voyage est long, il est sans nul ennui,
Les rois sont à la fête, au moins pour aujourd’hui,
Assurés d’aborder à l’étable divine.

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Déposé par Cochonfucius le 20 décembre 2018 à 12h55

Nef sans destination
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Je suis la nef sans but qui vainement serpente ;
Que l’océan soit calme, ou qu’il soit agité,
Que le ciel soit obscur ou rempli de clarté,
Me conduit  au hasard ma gouvernance absente.

Je ne suis pas de ceux qui du trouble ressentent
Ou qui d’un juste cap craignent de s’écarter,
Je ne me souviens plus des lieux que j’ai quittés ;
Un beau rayon de lune, et mon âme est contente.

Au coeur des vastes flots, nul ne m’a secouru
Et j’ai, seul et sans voix, ce chemin parcouru
Qui après l’horizon, sans doute, se termine.

Je ne suis qu’un vaisseau, je supporte l’ennui
En traçant calmement la route d’aujourd’hui :
Je ne suis qu’un errant qui lentement chemine.

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Déposé par Cochonfucius le 17 novembre 2019 à 11h30

Nef des Varègues
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Au bord de la Mer Noire ils sèment l’épouvante,
On les entend rugir, on les entend chanter ;
Femme du charpentier, Madone de clarté,
Retiens de leurs soudards la troupe menaçante.

Les démons à leur vue un vif plaisir ressentent,
Qui du chemin de Dieu se sont trop écartés ;
Soit pour les accueillir, soit pour les escorter,
Ils grouillent auprès d’eux, leur âme en est contente.

Par les pouvoirs divins, serons-nous secourus?
Ces navigateurs fiers, qui les mers ont couru,
Voudront-ils épargner l’église et la chaumine?

Par-dessus l’océan, plusieurs éclairs ont lui,
Les Varègues inquiets, fort prudemment, ont fui:
Nous contemplons au loin leurs vaisseaux qui cheminent.

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