Ton sommeil m’épouvante, il est froid et profond Ainsi que le Sommeil aux langueurs éternelles. J’ai peur de tes yeux clos, du calme de ton front. Je guette — et le silence inquiet me confond — Un mouvement des cils sur la nuit des prunelles. [...]
Le soir s’est refermé, telle une sombre porte, Sur mes ravissements, sur mes élans d’hier... Je t’évoque, ô splendide ! ô fille de la mer ! Et je viens te pleurer comme on pleure une morte. [...]
C’est le soir... On entend passer des caravanes... Rythmiques, les chameaux allongent leurs pas lourds, La clochette à leur cou jette des refrains sourds... Smyrne dort, du sommeil repu des courtisanes. [...]
Écoutez... Celles-là sont les Musiciennes. Leur présence est pareille à l’écho d’une voix, Et leur souffle est dans l’air plein de légers émois, Plein de très lents accords aux langueurs lesbiennes. [...]