Souvent, pendant les soirs d’absence et d’abandon, J’ai contemplé la Lune au visage si bon ; On eût dit dans le ciel une aïeule indulgente Inclinant son beau front que la vieillesse argente, Qui, dans la mort du jour et dans la mort du bruit, [...]
Loin des villes, des quais, des marchands et des grèves, Mon vaisseau revenu des plus lointains climats, Pour que rien ne se mêle aux songes de ses mâts, S’isole dans la mer qui respecte ses rêves. [...]
J’évoque aussi parfois la grande chambre ancienne Où nous allions prier pendant les soirs de mai ; Comme pour la chaleur on ouvrait la persienne L’âme des fleurs passait dans le vent embaumé. [...]
Oh ! les anciens matins de bonheur infini, De joie inexplicable ! Oh ! les matins tout roses Où l’on ouvrait son âme à des bonheurs sans causes Comme à des oiseaux fous qui se trompent de nid. [...]