L’Étincelle électrique

Lavoisier ne veut plus que l’eau soit un élément ; son art la décompose. L’eau visible renferme deux principes invisibles : deux gaz, dont l’un s’enflamme, dont l’autre accélère la combustion. Ainsi l’eau, qui rafraîchit et féconde, a pour principe ce qui brûle et ce qui dévore. Lavoisier, qui le prouve, a peine à le comprendre. Mais comment refaire le corps, après en avoir compris et séparé les substances ? L’étincelle électrique les touche, les enflamme, et l’eau coule de l’incendie. Il y a de même, au fond des âmes, je ne sais quels principes souverains qui, l’un de l’autre isolés, nous consument obscurément. Que l’étincelle électrique les frappe ! Ils s’enflamment, et la pensée jaillit, lumineuse, fluide, émule des fleuves et des torrents, rivale de la foudre qui l’enfante. Qui sait ! le chaos tout entier n’était peut-être qu’un amas confus de gaz qui se mêlaient sans s’unir : et le monde, cette pensée en relief de Dieu, est peut-être le résultat d’un coup de tonnerre. N’y a-t-il pas là de quoi faire éclater le cerveau ?
[...]

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Le Vaisseau Spectre

Tous les marins vous raconteront la légende du vaisseau-spectre, de ce vaisseau de brouillard, monté par des fantômes, qui apparaît à l’improviste sur les flots, comme aux limites de l’horizon le nuage cuivré où couve la tempête. La tempête éclate ! toutes vos voiles se serrent, mais lui ne cargue pas les siennes ; il semble que l’orage soit son élément. Vous voulez fuir ! Vous fuyez sans l’éviter. Quelque manœuvre que vous fassiez, le fatal navire est toujours là. Vous le voyez au nord ! Vous vous tournez vers le sud, et il vous fait face comme auparavant. À l’est, à l’ouest, il est toujours devant vous ; sa sinistre immobilité suit tous vos mouvements ; cette ombre ne vous quitte pas plus que la vôtre, et gouverne à la fois la mer et l’ouragan. De quel nom faut-il nommer ce vaisseau, qui ressemble au mal heur, et qui, présent partout, semble, impalpable qu’il est, tenir à lui seul tout l’océan ?
[...]

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L’Élégie d’un rouge-gorge



Si quand l’aube amène le jour,
Ou que le soir est de retour,
Je m’égare dans la vallée ;
Je cherche, hélas ! mais sans la voir
La bergère belle et voilée
Qui jadis sous l’ombre isolée,
En m’appelant venait s’assoir ;
Et moi, suspendant ma volée
Pour prendre part à ses malheurs,
Ma voix tristement exhalée
[...]

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Le Visiteur nocturne

C’était l’automne, la nuit. Le vent sifflait dans les arbres dépouillés du bois, et miaulait le long des bergeries, comme s’il eût voulu, pour se réchauffer, partager la litière des moutons. La pluie fouettait avec rage les vitraux de ma chaumière, et comme irritée de la trouver fermée. Assis près du feu, j’écrivais à la lueur de ma lampe mes souvenirs ou mes rêves, ce que j’ai vu ou ce que j’aurais voulu voir ; et, tout en m’occupant du passé, je l’oubliais. Le travail est un dieu qui nous permet de changer de monde. Un autre bruit que celui de l’orage me ramena bientôt sur la terre. J’entendis bien distinctement frapper à ma porte. J’ouvris, et je ne vis personne. Je me remis à ma place et je repris ma plume. Mais je n’étais plus seul. Un hôte que je n’avais pas vu était entré, un hôte bien connu qui ne souffre pas qu’on l’oublie, qui venait voir si j’étais tranquille, ou si je pensais à lui : c’était le chagrin.
[...]

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