Voyage

Chemin de nuit, nuit du chemin ! la lune est sur le lac, le lac est dans tes yeux. La voiture emportait notre voyage nocturne. Tes yeux sont les yeux des voyages, voyages des convalescents. Quand le postillon ne chantera plus je te dirai ma pensée, c’est un question de géologie architecturale au sujet de l’infini des montagnes, de la forme des montagnes. Il y avait sur la couverture à griffes un bol de porcelaine où la lune mettait un point. Dans le demi-sommeil de la voiture — le postillon chante, chante postillon — je croyais que la lune était le bol, que la couverture à griffes c’était les montagnes et que nous n’étions plus sur terre. Plus de lune ! Ô nuit des chemins ! Ô chemin des nuits: tes yeux sont des yeux de la mer et je ne te connais pas. C’est ainsi que nous avançons avec tout notre laisser-aller vers ce pays qui n’est pas loin que je ne souhaitais pas de connaître et où une certaine angoisse m’indique que le postillon me conduit en chantant. Maintenant c’est la peur !
[...]

[lire le poème...]

Exhortation

Vous, si beaux, qui passez ! vous si bons qui m’aimez ! vous si grands qu’on admire ! Je pleure à vous. Oh ! oui ! mes yeux se rempliront de larmes et quand vous aurez passé, mes larmes ne cesseront pas car je sais vers quel trous vous marchez ! je connais, mieux que personne, celui qui vous guette au détour !


[...]

[lire le poème...]

Le Soleil est-il païen ?

Le scieur de bois près du porche de l’église à l’endroit où sont sculptés la vigne et le cerf qui broute, le scieur de bois envoyait le bois cassé au rayon de soleil et le rayon de soleil lui ripostait en lui renvoyant du bois cassé. La lutte devint si rapide que le scieur dit en relevant le dos : « Je n’en puis plus ! » Il entra dans l’église en remettant sa veste. Le soleil le suivit tant qu’il put avec une longue trique mais le Soleil est un païen qui n’a pas le droit d’entrer dans la nef.
[...]

[lire le poème...]

Silence dans la nature

Quand, entre les collines boisées du Finistère, nous allions à la chasse aux oiseaux, mon chien et moi, Rataud s’amusait sur les routes à faire des huit avec mes pas ; plus j’allais vite, plus il y prenait de plaisir et sa joie était folle lorsque je courais. C’était un fox-terrier, il avait une tache noire sur l’oreille gauche et une autre sur la queue.
[...]

[lire le poème...]

Commentaire(s)
Déposé par René Guy Cadou le 14 avril 2014 à 08h47

CORNET D’ADIEU

Jésus a dit
« Il n’y aura pas de printemps cette année
Parce que Max s’en est allé
Emportant les chevaux les vergers et les ailes
Parce que sur la croix le bon Saint Matorel
A lâché les oiseaux vers un pays glacé »
Et c’est vrai. Les bourgeons se taisent. Les poitrines
Voient se faner leurs seins. Tout au fond des vitrines
Une enfance à genoux se suicide et le ciel
Épuise en un regard ses réserves de miel
Il fait froid maintenant que tu n’es plus
Beau masque de douleur
Maintenant que tes mains ont trouvé sous la terre
Enfin le battement initial de ton cœur
J’entends ta voix pareille aux chants du monastère
Et tandis qu’on te fait place dans la lumière
Les hommes prient pour toi à Saint-Benoît-sur-Loire
Tu étais sur tous les quais de toutes les foires
Au pain d’épice
On te trouvait dans les coulisses
Des bals champêtres
Tu discutais avec les prêtres
Souvent tu m’écrivais et c’était chaque fois
Des bavardages de bergères et de rois
Tu m’écriras encore
J’attends tes reportages sur la mort
Le Nom vernal
Ô Max

Et l’élixir du laboratoire central
J’attends que soit connue la décision de l’ange
Que Dieu prenne parti pour toi et qu’il t’arrange
Une vie dans le cœur de tes amis natals.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
URL :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Saisie requise.
* Cette adresse ne sera pas publiée et ne sera utilisée que pour communiquer avec vous en cas de souci.
 

Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Hеrvillу : Ρuérilités

Dеsfоrgеs-Μаillаrd : Lе Τаbас

Μеndès : Lе Rоssignоl

Αntоinе dе Νеrvèzе

Νеrvаl

Viеlé-Griffin : «Dоrmir еt rirе d’аisе...»

Hugо : Lе Μеndiаnt

Lаhоr : Οurаgаn nосturnе

Lаhоr : Dаnsе mасаbrе

Vаlérу : Luхuriеusе аu Βаin

Βеrgеrаt : Lе Сhаnt du сrаpаud

Βеrnаrd : «Τоi qui trоublеs lа pаiх dеs nоnсhаlаntеs еаuх...»

☆ ☆ ☆ ☆

Νеlligаn : Lа Ρаssаntе

Vаlérу : «Lа lunе minсе vеrsе unе luеur sасréе...»

Hugо : Viеillе сhаnsоn du јеunе tеmps

Lе Ρеtit : Αu Lесtеur сuriеuх

Dеsbоrdеs-Vаlmоrе : Αllеz еn pаiх

Сrоs : Siх tеrсеts

Hugо : Βêtisе dе lа guеrrе

Hugо : Lе Sасrе dе lа Fеmmе

Сrоs : Βеrсеusе : «Ιl у а unе hеurе bêtе...»

Hugо : Сrépusсulе

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Сésаr (Vаlérу)

De Сосhоnfuсius sur «À lа sаintе, mаrtуrе еt viеrgе...» (Lе Μоuël)

De Сосhоnfuсius sur «Si еn pаrtаnt, sеul vоus m’аvеz lаissé...» (Sсаliоn dе Virblunеаu)

De Μаriа sur «Αprès unе јоurnéе dе vеnt...» (Rilkе)

De Vinсеnt sur «Αu prеmiеr trаit, quе mоn œil rеnсоntrа...» (Τуаrd)

De Frаnçоis Соppéе sur Lе Соup dе tаmpоn (Соppéе)

De Gеоrgеs Соurtеlinе sur Lе Соup dе mаrtеаu (Соurtеlinе)

De vinсеnt sur «Ν’еs-tu lаssе, аussi, dе rêvеr d’hiеr ?...» (Viеlé-Griffin)

De Lа Μusérаntе sur L’Éсhеllе (Αutrаn)

De Vinсеnt sur Lа Grеnоuillе blеuе (Fоrt)

De L’аmоr sur Αriаnе (Hеrеdiа)

De Ρiеrrоt sur Sоnnеt à lа nuit (Rоllinаt)

De Ρеrvеrs nаrсissе sur «Ρuisquе lеs сhаmps јоuissеnt dе mа bеllе...» (Τоurs)

De Vinсеnt sur «Εst-il riеn dе plus vаin qu’un sоngе mеnsоngеr...» (Сhаssignеt)

De ΒiΒ lа bаlеinе sur «Quаnd је tе vis еntrе un milliеr dе Dаmеs...» (Βаïf)

De Сhristiаn sur Lеs Ρоrсs (Vеrhаеrеn)

De Сrаpаudinе sur Splееn : «Μеs intimеs dоulеurs...» (Ο'Νеddу)

De Αmаndinе ΟZΑUR sur Sоnnеt fоutаtif (Lе Ρеtit)

De Αmаndinе ΟZΑUR sur À Сhаrlеs dе Sivrу (Vеrlаinе)

De Αmаndinе ΟZΑUR sur «Αimе, si tu lе vеuх, је nе l’еmpêсhе pаs...» (Viоn Dаlibrау)

De riс(h)аrd sur Lеs Соnquérаnts (Hеrеdiа)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе

 



Photo d'après : Hans Stieglitz