Je n’ai pas pour maîtresse une lionne illustre : La gueuse, de mon âme, emprunte tout son lustre ; Invisible aux regards de l’univers moqueur, Sa beauté ne fleurit que dans mon triste cœur. [...]
J’aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés, D’où semblent couler des ténèbres ; Tes yeux, quoique très noirs, m’inspirent des pensers Qui ne sont pas du tout funèbres. [...]
Le Belge est très civilisé ; Il est voleur, il est rusé ; Il est parfois syphilisé ; Il est donc très civilisé. Il ne déchire pas sa proie Avec ses ongles ; met sa joie À montrer qu’il sait employer À table fourchette et cuiller ; Il néglige de s’essuyer, Mais porte paletots, culottes, Chapeau, chemise même et bottes ; [...]
Vous ignorez, silphyde au jarret triomphant,
Que l’aspect permanent de vos pâles ténèbres,
À mes yeux agrandis voltige incessamment.
L’Érèbe les eût pris pour ses courriers funèbres,
Et mon esprit, toujours du vertige hanté,
Mesure d’un regard que la terreur enflamme
Le pauvre, le méchant, le tortu, l’hébété,
Par ces deux grands yeux noirs, soupiraux de mon âme,
Ne te verrais-je plus que dans l’éternité ?
Je voudrais qu’exhalant l’odeur de la santé
L’âme d’un vieux poête erre dans la gouttière...
Comme un enfant de coeur, jouer de l’encensoir,
C’est le but de la vie, et c’est le seul espoir,
Pour faire épanouir la rate du vulgaire.