Vincent Voiture


Au Cardinal Mazarin, sur la Comédie des machines


 
Quelle docte Circé, quelle nouvelle Armide
Fait paraître à nos yeux ces miracles divers ?
Et depuis quand les corps, par le vague des airs,
Savent-ils s’élever d’un mouvement rapide ?
 
Où l’on voyait l’azur de la campagne humide,
Naissent des fleurs sans nombre et des ombrages verts.
Des globes étoilés les palais sont ouverts,
Et les gouffres profonds de l’empire liquide.
 
Dedans un même temps nous voyons mille lieux,
Des ports, des ponts, des tours, des jardins spacieux,
Et dans un même lieu cent scènes différentes.
 
Quels honneurs te sont dus, grand et divin prélat,
Qui fais que désormais tant de faces changeantes
Sont dessus le théâtre, et non pas dans l’État !
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 21 février 2015 à 11h12

Cher vieux clavier
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Je me souviens d’avoir, par un matin limpide,
Noirci bien du papier par des propos divers
Qu’on aurait pu nommer des paroles en l’air,
Et que mon vieux clavier articulait, rapide.

Alternant le plus fin avec le plus stupide,
Les mots se succédaient à tort et à travers ;
Était-ce de la prose ? étaient-ce quelques vers ?
Je ne m’en souviens plus, c’était trop insipide.

Mais que j’étais heureux de ce sombre labeur !
Plus que n’est, à sa table, un prodigue flambeur
Qui, dans l’ardeur du jeu, dilapide ses rentes.

Merci donc, vieux clavier, organe jamais las,
Par qui notre discours est ainsi mis à plat ;
Par qui trouve un abri notre parole errante.

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Déposé par Cochonfucius le 14 septembre 2021 à 12h31

Archevêque aux belles mains
---------------

Je trempe tous mes doigts dans une onde limpide,
Et ça me fait du bien, l’été comme l’hiver ;
Je dis une oraison qui traverse les airs,
Quelques mots bien sentis qui les démons lapident.

Les uns sont maladroits, les autres sont stupides,
Je les vois s’agiter à tort et à travers ;
Un rhapsode insolent leur consacre des vers,
Je ne lui en dis rien, je les trouve insipides.

Faire l’homme d’Église est un pesant labeur ;
D’un succube parfois je deviens le tombeur,
Ce qui me donne alors une soif dévorante.

Une muse me berce, au soir, quand je suis las ;
Elle m’a soutenu par de bons petits plats,
Elle qui jadis fut une pauvre âme errante.

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Déposé par Cochonfucius le 25 novembre 2023 à 11h07

Ambitortue grise
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De ce monstre l’âme est limpide
Et sereine, été comme hiver ;
Ce n’est pas un démon pervers,
Ce n’est pas un goinfre cupide.

Il est simplet, mais pas stupide,
Nous lui pardonnons ses travers ;
Il préfère la prose aux vers,
Il aime des plats insipides.

Nul ne peut l’astreindre au labeur ;
C’est là son côté regimbeur,
C’est là sa nature inhérente.

De blaguer il n’est jamais las,
Pas même quand ça tombe à plat ;
Car il trouve sa vie marrante.

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Déposé par Cochonfucius le 29 décembre 2025 à 17h29

Je deviens escargot
-------

Du grand ciel tombe une eau limpide,
Un peu froide, on est en hiver ;
Le grand ciel, loin d’être  pervers,
Est indulgent aux moins rapides.

Je suis très lent mais pas stupide,
Je ne marche point de travers ;
Je suis bien plus subtil qu’un ver,
Mon visage est moins insipide.

Je ne vis point de mon labeur ;
Nul ne me prend pour un tombeur,
Aux cadavres je m’apparente.

Je suis ailleurs, et je suis là ;
Du moment que le sol est plat,.
C’est reparti, comme en quarante

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