Renée Vivien

Sillages, 1908


Sonnet


 

                  O, for my sake do you with Fortune chide,
              The guilty goddess of my harmful deeds.
    Shakespeare, sonnet CXI


Ha ! ne me blâme plus, mais blâme mon destin
De tout ce que je fis de laid et de coupable !
Car lui seul enfonça mes pieds nus dans le sable
Où je m’enfonce, sans nul secours du lointain.
 
Ne me blâme donc plus de ce regard hautain
Qui pèse ma pensée et me juge et m’accable !
On a menti... Je suis le jouet de la fable,
Et l’on raille en parlant de moi dans un festin.
 
Ton regard clair me trouble et me décontenance.
Oui, je le sais, j’eus tort en mainte circonstance,
Et, très pieusement, je rougis devant toi.
 
Mais partout la Douleur m’a traquée et suivie.
Ne me blâme donc plus, chère ! console-moi
D’avoir si mal vécu ma lamentable vie.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 27 avril 2018 à 12h25

Balance d’inframonde
-------------------------

Que mesureras-tu, balance du destin ?
Tu sais qu’un pauvre mort ne peut plaider coupable,
Que tu ne sauras pas peser un grain de sable
Qui fut doté de vie, en des temps très lointains.

Pas de blâme en ce lieu, pas de regard hautain,
Rien qui m’accuse ici, surtout, rien qui m’accable !
Si cette vie passée n’est qu’une longue fable,
Je n’ai pas de regrets du rire ou du festin.

La mort est un sujet qui me décontenance,
Mais nous n’échappons point à cette circonstance;
Je ne t’esquive pas, décès, rassure-toi.

Je ne regrette pas la voie que j’ai suivie,
Elle fut agréable, et bien faite pour moi ;
Je n’ai pas mal vécu mon ordinaire vie.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par William Shakespeare le 28 avril 2018 à 15h06

Sonnet CXI
-------------

Ah! do not blame me, but blame my destiny
For everything I made ugly and full of guilt!
For he alone plunged my bare feet in the sand
Where I’m in abyss, with a calling from afar.

Do not blame me for this haughty look
That weighs my thoughts and judges and strikes me!
They lied… I am the plaything of the fable,
And there’s mock in speaking of me in a feast.

Your lucid look disturbs and disconcerts me…
Yes, I know, I was wrong in many an occasion,
And, so piously, I blush before thee.

But everywhere the pain tracked and followed me.
Do not blame me! Rather, console me
For having so badly lived my miserable life.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par William Shakespeare le 28 avril 2018 à 22h14

(Le texte ci-dessus n’est pas le sonnet CXI, mais la traduction de celui de Renée Vivien).

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Sonnet CXI
-------------

O! for my sake do you with Fortune chide,
The guilty goddess of my harmful deeds,
That did not better for my life provide
Than public means which public manners breeds.
Thence comes it that my name receives a brand,
And almost thence my nature is subdued
To what it works in, like the dyer’s hand:
Pity me, then, and wish I were renewed;
Whilst, like a willing patient, I will drink
Potions of eisel ‘gainst my strong infection;
No bitterness that I will bitter think,
Nor double penance, to correct correction.
Pity me then, dear friend, and I assure ye,
Even that your pity is enough to cure me.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par La Musérante le 29 avril 2018 à 13h13

https://books.google.fr/books?id=o5js0WwuRksC&pg=PA5606&lpg=PA5606&dq=sonnet+cxi+de+shakespeare+en+francais&source=bl&ots=HlK7T0Fln1&sig=A7-NAEJ54pb6IUauxbZgbIT00Dc&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiRsNPwqt_aAhWIxxQKHQozChgQ6AEIVzAD#v=onepage&q=sonnet%20cxi%20de%20shakespeare%20en%20francais&f=false

Ou  bien . .

Aide-moi s’il te plaît, accuse Déesse Fortune,
D’être la responsable de mes actes délictueux,
Qui pour me protéger n’aura pas trouvé mieux
Que, me vouant au public, rendre publiques mes manières ;
D’où procède que mon nom au fer rouge soit marqué,
Et que ma nature propre en devienne presque esclave
De la matière qu’elle brasse, comme main de teinturier ;
Pitié pour moi, pitié, je voudrais être à neuf,
Cependant que j’accepte d’avaler toute potion
Amère qui luttera contre ma grave maladie ;
N’y aura d’amertume que je trouve imbuvable,
Aucune peine redoublée qui soit double correction.
          Aie pitié, mon ami, car je puis t’assurer
          Que pour que je guérisse, ta pitié me suffit.

Sonnet III Traduction Jacques Darras (Edition Grasset 2013)

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