Renée Vivien

Chansons pour mon ombre, 1907


Devant la mort


 
Ils me disent, tandis que je sanglote encore :
« Dans l’ombre du sépulcre où sa grâce pâlit
Elle aspire la paix passagère du lit,
Les ténèbres au front, et dans les yeux l’aurore.
 
« Elle aura la splendeur de l’Esprit délivré,
Rêve, haleine, musique, essor parfum, lumière...
Le cercueil ne la peut contenir toute entière,
Ni le sol, de chair morte et de pleurs enivré.
 
« Le cierge aux larmes d’or, le vol las du cantique,
Les lys fanés, ne sont qu’un symbole menteur :
Dans une aube d’avril qui vient avec lenteur,
Elle refleurira, violette mystique... »
 
— Et j’écoute, parmi les temples de la mort.
Je sens monter vers moi la chaleur de la terre,
Dont l’accablante odeur recèle le mystère
Du sanglot qui se tait et du rayon qui dort...
 
J’écoute, mais le vent des espaces emporte
L’audacieux espoir des infinis sereins...
Elle ne sera plus dans l’heure que j’étreins,
L’heure unique et certaine, et moi je la crois morte.
 
La nuit, dont la langueur ne craint plus le soleil,
L’enveloppant du bleu féerique de ses voiles,
Éteint jusqu’aux lueurs lointaines des étoiles,
Et le vin des pavots lui verse le sommeil.
 
Ô Morte que j’aimais, ô Pâleur étendue
Dans l’immobilité des néants noirs et froids,
Je n’ose t’apporter que les fleurs d’autrefois
Et mes sanglots païens sur ta beauté perdue...
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 1er août 2016 à 17h52

Cavalier aéroporté
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Ce cavalier volant s’élève plus encore
Que, sur les horizons, la brume qui pâlit,
Et de la Voie Lactée peut parcourir le lit,
Les étoiles au coeur, et dans les yeux l’aurore.

Du décret de Newton il semble délivré,
On dirait qu’il n’est pas plus lourd que la lumière.
De sa grande altitude, il voit la Terre entière,
D’oxygène sevré, de vertige enivré.

Quelques anges pour lui fredonnent un cantique ;
Ils chantent sa vertu, et ne sont pas menteurs,
Les notes autour d’eux flottent avec lenteur,
L’air s’emplit de tendresse et de parfums mystiques.

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