Verlaine

Poèmes saturniens, 1866


Après trois ans


 
Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.
 
Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin...
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.
 
Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent.
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.
 
Même j’ai retrouvé debout la Velléda
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
— Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 2 mai 2014 à 15h45

Sur un air de Verlaine
------------------------------


Ayant laissé la lionne exquise qui appelle,
Je me suis promené autour d’un grand sapin.
La lionne savourait le soleil du matin,
Sertissant chaque fleur d’une ultime étincelle.

Rien n’a changé. J’ai tout perdu : l’humble chandelle
De vigne folle avec les animaux marins ;
Le mulet fait toujours son murmure mondain
Et le moutardier sa plainte froide et formelle.

Les douves comme avant palpitent ; comme avant,
Les hiboux orgueilleux se soumettent au vent,
Chaque jupette qui va et vient m’est connue.

Hélas, j’ai retrouvé debout le Franz Kafka
Dont l’argent se ternit au bout de l’avenue,
-- Pâle, parmi l’odeur pauvre du catalpa.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 9 février 2019 à 14h15

Archer malhabile
--------------------

Je vais avec mon arc où le devoir m’appelle ;
J’ai le mode d’emploi, tout écrit en latin ;
Mais ma main, cependant, tremble dès le matin,
Je suis loin, me dit-on, d’être un archer modèle.

Puis j’aime mieux flâner avec des jouvencelles,
Bergères sans malice aux jupons de satin ;
Mais si mon adjudant me convoque soudain,
J’abandonne à l’instant la fraîcheur des tonnelles.

L’ennemi comme avant se montre ; comme avant,
Les drapeaux orgueilleux s’agitent dans vent,
La date de ma mort est encore inconnue.

Poutant, je penserai toujours à Cordélia
Qui m’offrit sa présence au long de l’avenue,
-- Frêle, parmi l’odeur douce du camélia.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 12 février 2019 à 10h11


Onzième vers: « dans le vent ».

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 2 janvier 2021 à 14h18

Grand chien solipsiste
----------

Cet animal ne vient jamais quand on l’appelle,
Que ce soit en moldave, en russe ou en latin ;
Il va sur les sentiers dans le petit matin,
Arborant un collier d’un antique modèle.

Il vole au charcutier un peu de mortadelle,
Un peu de saucisson, du lard et du boudin ;
Au plus profond des bois il disparaît soudain,
Nous ne pourrons jamais en faire un chien fidèle.

Avec un brave troll il bavarde souvent,
Aussi avec la neige, et la pluie, et le vent ;
Ils évoquent entre eux des choses inconnues.

Sa mère fut, dit on, l’ondine Cordélia,
Qui d’un pays nordique était jadis venue ;
Celle qu’on surnomma la Dame aux Camélias.

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