Verhaeren

Les Apparus dans mes chemins, 1891


La Peur


 
Par les plaines de ma crainte, tournée au Nord,
Voici le vieux berger des Novembres qui corne,
Debout, comme un malheur, au seuil du bercail morne,
Qui corne au loin l’appel des troupeaux de la mort.
 
L’étable est là, lourde et vieille comme un remords,
Au fond de mes pays de tristesse sans borne,
Qu’un ruisselet, bordé de menthe et de viorne,
Lassé de ses flots lents, flétrit, d’un cours retors.
 
Brebis noires, à croix rouges sur les épaules,
Et béliers couleur feu rentrent, à coups de gaule,
Comme ses lents péchés, en mon âme d’effroi ;
 
Le vieux berger des Novembres corne tempête.
Dites, quel vol d’éclairs vient d’effleurer ma tête
Pour que, ce soir, ma vie ait eu si peur de moi ?
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 23 octobre 2014 à 14h26

Chez le puisatier
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En Atlantique Sud (ou serait-ce le Nord ?)
Est une île irréelle où vit une licorne ;
Un grand palais abrite un vieux puisatier morne
Que ceux de son village ont bien longtemps cru mort.

S’il change d’univers, il en a le remords,
Et cela lui procure un désespoir sans bornes ;
Des deux lunes si l’une à la minuit s’écorne,
On en accusera le magicien retors.

Celui-ci répondra d’un haussement d’épaules ;
Tel un druide instruisant les guerriers de la Gaule,
Il jettera ses sorts, tranquille et sans effroi.

À condition d’étendre une lampe-tempête,
Nos héros seront prêts à poursuivre leur quête ;
Merci à l’oncle Fred, conteur de bon aloi !

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Déposé par Cochonfucius le 23 octobre 2014 à 14h40

Retouche au dernier tercet :

éteindre une lampe-tempête.

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