Paul Valéry


Solitude


 
Loin du monde, je vis tout seul comme un ermite
Enfermé dans mon cœur mieux que dans un tombeau.
Je raffine mon goût du bizarre et du beau,
Dans la sérénité d’un rêve sans limite.
 
Car mon esprit, avec un art toujours nouveau,
Sait s’illusionner — quand un désir l’irrite.
L’hallucination merveilleuse l’habite
Et je jouis sans fin de mon propre cerveau...
 
Je méprise les sens, les vices, et la femme,
Moi qui puis évoquer dans le fond de mon âme
La lumière... le son, la multiple beauté !
 
Moi qui puis combiner des voluptés étranges
Moi dont le rêve peut fuir dans l’immensité
Plus haut que les vautours, les astres et les anges !...
 

[1887 ?]

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 28 août 2017 à 11h50

Danseur vêtu d’azur
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Le danseur est venu pour amuser l’ermite
Dans un jardin désert, où sont de vieux tombeaux.
Il imite un guerrier, c’est bizarre et c’est beau,
C’est le dévoilement d’un rêve sans limite.

Car son esprit, avec un art toujours nouveau,
Sait se moquer de tout, sans qu’on ne s’en irrite.
La narratologie merveilleuse l’habite
Et ce fier combattant danse avec son cerveau.

Ermite, tu n’as point fait venir une femme,
Ton comparse eût dansé pour cette innocente âme
Qui de son lent ballet apprécie la beauté ;

Mais tu veux être seul avec ce fils des Anges,
Ensemble vous prendrez de ce breuvage étrange
Qui vous procurera la sainte Ébriété !

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 25 février 2018 à 12h10

Ève et Liliith en leur village
--------------------

Loin du vieux père Adam qui veut vivre en ermite
(Car son fils préféré repose en un tombeau),
Ève et Lilith s’en vont dans un pays fort beau
Dont de vastes forêts ont marqué la limite.

Adam laissera-t-il un testament nouveau ?
S’il agissait ainsi, que nul ne s’en irrite !
Celui qui dans l’Eden depuis toujours habite
Laisse surgir les mots que dicte son cerveau.

Au village, pourtant,  s’activent ses deux femmes.
Le travail est un bien pour leur innocente âme
Qui des riches moissons apprécie la beauté ;

Mais Adam reste seul avec le mauvais Ange,
Ensemble ils ont trop bu de ce breuvage étrange
Qui leur fait découvrir l’inframonde enchanté.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 4 novembre 2022 à 11h17

Danse avec les démons des sables
----------

Au désert fut un ermite
Reclus comme en un tombeau ;
Ce que ces lieux ont de beau,
C’est l’horizon sans limite.

Un démon (rien de nouveau)
Vient, qui à pécher l’incite ;
Ce moine un mantra récite
Comme font quelques dévots.

Le corps du démon s’enflamme,
La musique emplit son âme ;
Puis il se met à sauter.

En un danseur il se change,
Il devient pareil aux anges ;
Tu peux l’entendre chanter.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 21 août 2024 à 11h41

Ermitage vide
--------

Il a disparu, cet ermite,
Repose-t-il en un tombeau ?
En vain j’interroge un corbeau
Dont le mutisme est sans limite.

Un anachorète nouveau
Viendra-t-il occuper ce site ?
Sa présence serait licite,
Il n’aurait guère de rivaux.

Ou peut-être, une sainte femme
Viendrait y abriter son âme,
Car c’est un lieu de pureté.

Ou bien (ce serait plus étrange)
Il pourrait y venir un ange,
Un être porteur de clarté.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 6 mars 2025 à 19h01

Ermite solipsiste
-------

Je suis seul, car je sus ermite,
Pour horizon, j’ai mon tombeau ;
Je suis seul, j’entends les corbeaux
Rire de moi quand je médite

Chaque jour n’a rien de nouveau,
Sauf sur quelques bien rares sites :
Quelques vers que je me récite
Sont l’aliment de mon cerveau.

Je dors, je rêve d’une femme
Qui viendrait consoler mon âme
Tout en gardant sa pureté.

La mort s’approche et rien ne change,
Je dors, l’écris, je  bois, je mange ;
C’est ma vie, c’est ma pauvreté.

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