Paul Valéry

Album de vers anciens


Féerie


 
La lune mince verse une lueur sacrée,
Toute une jupe d’un tissu d’argent léger,
Sur les bases de marbre où vient l’Ombre songer
Que suit d’un char de perle une gaze nacrée.
 
Pour les cygnes soyeux qui frôlent les roseaux
De carènes de plume à demi lumineuse,
Elle effeuille infinie une rose neigeuse
Dont les pétales font des cercles sur les eaux...
 
Est-ce vivre ?... Ô désert de volupté pamée
Où meurt le battement faible de l’eau lamée,
Usant le seuil secret des échos de cristal...
 
La chair confuse des molles roses commence
À frémir, si d’un cri le diamant fatal
Fêle d’un fil de jour toute la fable immense.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 11 mars 2014 à 10h44

Breuvage
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La vestale, au milieu des amphores sacrées,
Respire le parfum d’un petit vin léger ;
Les druides auprès d’elle aiment boire et songer,
Les yeux dans les reflets de leur coupe nacrée.

Ils évoquent le Nil entouré de roseaux
Barrant du Sud au Nord l’Egypte lumineuse,
Venu, probablement, d’une pente neigeuse
Si l’on en juge par la froideur de ses eaux.

Ils parlent de la Lionne, éternelle affamée,
Du Babouin dont la science est partout acclamée,
De l’Ibis à l’esprit clair comme du cristal

Du Scarabée par qui le jour meurt et commence
À nouveau, franchissant l’inframonde fatal ;
La vestale est ravie de leur savoir immense.

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Déposé par Cochonfucius le 2 octobre 2018 à 12h33

Vestale de la source limpide
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L’arme de la vestale est la langue sacrée
Qui purifie le coeur et rend l’esprit léger ;
Mais l’arme du démon c’est de toujours songer,
Songe qui tue le temps, songe qui rien ne crée.

L’arme de la vestale est la sagesse ancrée
Dans le goût familier des pommes du verger ;
Mais l’arme du démon c’est la saveur sucrée
Dont l’âcreté du vin aime à se corriger.

Ils combattent devant la foule enthousiasmée,
Par les cris du public la rixe est acclamée
Que la vestale entend dans son coeur de cristal.

L’arme de la vestale est la vie qui commence
Et l’arme du démon c’est le décès fatal ;
Incertaine est l’issue de cette lutte immense.

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Déposé par Cochonfucius le 25 novembre 2020 à 13h41

Enfant de vouivre et de pluvian
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Je naquis de la vouivre en la grotte sacrée,
Je ne fus que le fruit d’un amour passager ;
Mon père, ce pluvian, n’aimait point s’engager,
N’ayant nulle confiance aux liens que l’on se crée.

En l’humour gotlibien ma sagesse est ancrée,
Qui tant a diverti Newton en son verger ;
J’ai bien souvent rêvé de sa pomme sucrée
Qui sait tomber tout droit, sans jamais diverger.

Par des chants de jadis mon âme est enflammée,
Que ma mère parfois chantait sous la ramée ;
Rien ne put égaler cette vox de cristal.

Or, que ferai-je donc de ma vie qui commence ?
Serai-je vagabond, loin de mon sol natal ?
Tant de chemins tracés sur cette terre immense !

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https://paysdepoesie.wordpress.com/2017/03/17/pluvian-vouivre/

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Déposé par Vincent le 29 novembre 2020 à 21h08

La guerre, la vraie

Un tapis froid et gris couvre la Voie sacrée,
Sur lequel des camions mènent des passagers
Vers Verdun, des soldats, dans la guerre engagés,
De gré ou bien forcés, ça n’est pas la récrée !

L’un d’eux, un appelé, la nostalgie ancrée
Dans son cœur de vingt ans (au printemps, un verger),
Repense à son amour, sur le quai, à Angers,
Son regard plein de larmes et ses lèvres sucrées.

Il a pour son fusil une coutre framée,
Qui pour les corps à corps est l’arme programmée,
Preuve que ce qui vient risque d’être brutal.

Le lendemain matin la barbarie commence,
Avec sa baïonnette il porte un coup fatal,
Puis est enseveli dans un cratère immense.

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