Paul-Jean Toulet


104

 


Étranger, je sens bon. Cueille-moi sans remords :
Les violettes sont le sourire des morts.

Les Contrerimes, 1921

Commentaire(s)
Déposé par OUSSENI le 15 septembre 2017 à 10h24

Ce distique est un poème d’amour. Sa composition en deux vers marque en effet la présence d’un couple: un étranger qui traverse une forêt et une jeune fille l’interpellant pour sa déclaration d’amour. Avec l’expression"cueille-moi", on a l’impression qu’il s’agit d’une fleur qui parle. Or c’est la jeune fille qui s’exprime ici,  "je sens bon", afin de séduire le passant. Evidemment, la femme et la fleur ont en général les mêmes critères: la faiblesse ou la fragilité, la beauté, le parfum, l’attirance, etc. Toutes les deux vivent le même bonheur ou plutôt les mêmes tortures selon la façon dont elles sont traitées. Ici, le verbe "cueillir" révèle la souffrance des fleurs quand on les récolte par la sortie de la sève. La même douleur est ressentie chez une jeune fille dont on enlève la virginité notamment par l’écoulement du sang. Toutefois, d’après ce texte, on comprend très-bien que l’enlèvement de la virginité est un phénomène nécessaire pour toutes femmes, car c’est par là qu’il y a la fécondité et donc la naissance des enfants. D’où l’usage obligatoire de " sans remords" qui accompagne et adoucit l’expression "cueille-moi" pour souligner l’utilité de cette opération vaginale de la femme malgré sa douleur.
C’est ainsi que, dans une autre dimension plus symbolique, le second vers vient pour confirmer l’importance du mariage entre l’homme et la femme. Certes c’est un acte violent chez la femme," les violettes", mais il est le seul qui puisse convaincre la mort des humains" sourire des morts". En un mot, pour  éviter la mort, il faut le mariage. Du coup, il s’agit sans doute d’un poème à la quête d’éternité.

[Lien vers ce commentaire]

Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Hugо : Guitаrе : «Gаstibеlzа, l’hоmmе à lа саrаbinе...»

Τаvаn : Lа Rоndе dеs mоis

Gаutiеr : Lеs Αссrосhе-сœurs

Fоurеst : Ρsеudо-sоnnеt plus spéсiаlеmеnt truсulеnt еt аllégоriquе

Gilkin : Lа Саpitаlе

Ιwаn Gilkin

Fоurеst : Ρsеudо-sоnnеt аfriсаin еt gаstrоnоmiquе

Βоukау : Τu t’еn irаs lеs piеds dеvаnt

Fаvrе : «Μаgnifiquеs mоndаins...»

☆ ☆ ☆ ☆

Соuté : Lе Сhаmp d’ nаviоts

Lа Сеppèdе : «Ô Ρèrе dоnt јаdis lеs mаins industriеusеs...»

Βruаnt : Соnаssе

Sсhwоb : Βоuts rimés

Fоurеst : Unе viе

Сrоs : Sоnnеt : «Βiеn quе Ρаrisiеnnе еn tоus pоints, vоus аvеz...»

Fоurеst : Ιphigéniе

Riсtus : Βеrсеusе pоur un Ρаs-dе-Сhаnсе

Fоurеst : Flеurs dеs mоrts

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Αuјоurd’hui, hiеr, dеmаin (Siеfеrt)

De Νаthаliе sur «Ô musе inсоrrigiblе, оù fаut-il quе tu аillеs !...» (Rоllinаt)

De sуnсhrоniсité sur Lе Rоi Rеnаud (***)

De Jоhn Kеаts sur «Sur lе bоrd d’un bеаu flеuvе Αmоur аvаit tеndu...» (Μаgnу)

De Сосhоnfuсius sur Lе Сhrist аuх Οliviеrs (Νеrvаl)

De Сосhоnfuсius sur «Quаnd Jоdеllе аrrivа sоufflаnt еnсоr sа pеinе...» (Αubigné)

De Lа Μusérаntе sur Lеs Αspеrgеs (Rоllinаt)

De Αllis sur Épitаphе (Νоuvеаu)

De Βоnјоur tristеssе sur Τu t’еn irаs lеs piеds dеvаnt (Βоukау)

De Μаrl’hаinе sur Соnаssе (Βruаnt)

De Gаrсе’sоnnе sur «Νаturе еst аuх bâtаrds vоlоntiеrs fаvоrаblе...» (Du Βеllау)

De Νаdiа sur Εnсоrе сеt аstrе (Lаfоrguе)

De Gаrdiеn dеs Αlbаtrоs sur Μоn Βisаïеul (Βеrtrаnd)

De Сhаrlеs Ρоrnоn sur Vоуеllеs (Rimbаud)

De Сhаrlеs Ρоrnоn sur Lа Viе аntériеurе (Βаudеlаirе)

De Vinсеnt sur Sоnnеt à mоn аmi R... (Αrvеrs)

De Vinсеnt sur Lеs Étоilеs blеuеs (Rоllinаt)

De lасоtе sur Lа nеigе еst bеllе (Riсhеpin)

De Vinсеnt sur Lа grоssе dаmе сhаntе... (Ρеllеrin)

De Kеinеr sur «Βоnnе аnnéе à tоutеs lеs сhоsеs...» (Gérаrd)

De Сhristiаn sur «Βiеnhеurеuх sоit lе јоur, еt lе mоis, еt l’аnnéе...» (Μаgnу)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе