Hélène Swarth

Fleurs du rêve, 1879


Au lecteur


 
Toi qui, d’un air distrait, fumant tes cigarettes,
Feuilletteras ces vers, échos des chants du cœur,
Couché dans ton fauteuil, je te vois qui t’apprêtes
À rejeter mon livre avec un ris moqueur.
 
J’allais te demander, lecteur, ton indulgence,
M’installer, en causant, une heure, au coin du feu,
Mais tu me fais trembler avec ton exigence...
Car je suis une femme, et non pas un bas-bleu.
 
Je suis tout simplement une humble jeune fille
Et nous serions amis, si tu le voulais bien.
Es-tu rêveur ? — Alors je suis de ta famille.
Tu ne me connais pas, mais cela ne fait rien.
 
Respire les parfums de ces fleurs de mon rêve.
J’ai composé pour toi ce bouquet ; le voici.
Si mon livre t’a fait paraître l’heure brève
Tu me diras : « C’est bien ! » et je dirai : « Merci ! »
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 19 février 2020 à 17h16

Ô ma sœur
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Qu’était-ce, après tout ? rien qu’une pauvre amourette,
Une désillusion, pas même un crève-cœur ;
Un éclair fugitif que parfois l’on regrette
Sans beaucoup d’amertume et guère de rancœur.

Les hivers ont passé, il n’y a plus d’urgence,
Depuis longtemps déjà j’ai perdu mes cheveux ;
Mon cœur égratigné n’appelle pas vengeance,
On ne voit plus mes yeux s’embuer quand il pleut.

Même si tout cela n’était que        peccadilles
Et si le souvenir m’en est plutôt moyen,
Puisque tu me reçus comme en un jeu de quilles,
Circonspect, on accueille un gros bêta de chien,

Un soir, aux derniers feux de l’ère qui s’achève
Et meurt, sur l’horizon vaguement éclairci,
Peut-être, malgré tout, étrange fille d’Ève,
Tu me diras : « Reviens ! » — Je dirai « Me voici ! »

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