Sully Prudhomme

Les Solitudes, 1869


La Vieillesse


 
Viennent les ans ! J’aspire à cet âge sauveur
Où mon sang coulera plus sage dans mes veines,
Où, les plaisirs pour moi n’ayant plus de saveur,
Je vivrai doucement avec mes vieilles peines.
 
Quand l’amour, désormais affranchi du baiser,
Ne me brûlera plus de sa fièvre mauvaise
Et n’aura plus en moi d’avenir à briser,
Que je m’en donnerai de tendresse à mon aise !
 
Bienheureux les enfants venus sur mon chemin !
Je saurai transporter dans les buissons l’école ;
Heureux les jeunes gens dont je prendrai la main !
S’ils aiment, je saurai comment on les console.
 
Et je ne dirai pas : « C’était mieux de mon temps. »
Car le mieux d’autrefois c’était notre jeunesse ;
Mais je m’approcherai des âmes de vingt ans
Pour qu’un peu de chaleur en mon âme renaisse ;
 
Pour vieillir sans déchoir, ne jamais oublier
Ce que j’aurai senti dans l’âge où le cœur vibre,
Le beau, l’honneur, le droit qui ne sait pas plier,
Et jusques au tombeau penser en homme libre.
 
Et vous, oh ! quel poignard de ma poitrine ôté,
Femmes, quand du désir il n’y sera plus traces,
Et qu’alors je pourrai ne voir dans la beauté
Que le dépôt en vous du moule pur des races !
 
Puissè-je ainsi m’assoir au faîte de mes jours
Et contempler la vie, exempt enfin d’épreuves,
Comme du haut des monts on voit les grands détours
Et les plis tourmentés des routes et des fleuves !
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 14 décembre 2012 à 16h10

Disciples, ne soyez pris dans les apparences :
Ne distinguez pas trop le bon du mauvais sort,
Et sachez que le faible use toujours le fort.
N’ayez peur du bâton, n’exigez récompense.

La chose et son contraire ont peu de différence;
L’installation plus dure est source de confort,
S’occuper de sa vie est aller vers la mort,
Trop de douceur égale un surcroît de violence.

Un sage sous son toit, un arbre dans la plaine,
Aucun des deux ne va parler à perdre haleine,
Tous deux se satisfont de la clarté du jour.

Or, quand, le soir venu, cette clarté décline,
Quand, sous le vent d’hiver, le vieil arbre s’incline,
Il dit: "La vie n’est pas avec moi pour toujours".

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 3 septembre 2016 à 16h53

Vigne des anges
--------------------


Les anges font leur vin, c’est le sang du Sauveur ;
Le sien, et non le leur, car ils n’ont pas de veines,
Mais, de ce doux breuvage, ils aiment la saveur,
Même sans le besoin d’y noyer une peine.

Nobles anges du ciel, affranchis du baiser,
Vous ne brûlez jamais d’une fièvre mauvaise,
Ni ne portez le deuil de vos rêves brisés,
Soyez donc vignerons, buvez tout à votre aise !

Bienheureuse la vigne au céleste chemin !
Et bienheureux le chant des anges qui picolent,
Bouteille sur la table et petit verre en main ;
En les voyant si gais, les humains se consolent.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

*** : Lе Grаnd Соmbаt dе Lеса соntrе Μаndа pоur lеs bеаuх уеuх dе Саsquе d’Οr

Ρоnсhоn : Smоking

Сrоs : Βаllаdе dе lа ruinе

Hugо : Sаisоn dеs sеmаillеs — Lе Sоir

Jаmmеs : Lе vеnt tristе

Сrоs : «Jе suis un hоmmе mоrt dеpuis plusiеurs аnnéеs...»

Lаfоrguе : Splееn dеs nuits dе јuillеt

Сrоs : Sоnnеt : «Jе vоudrаis, еn grоupаnt dеs sоuvеnirs divеrs...»

Ρеllеrin : «Εllе аimаit сеuх dоnt lе gоussеt...»

Τоulеt : «Νоus bûmеs tоut lе јоur...»

Αpоllinаirе : À lа Sаnté

Du Βеllау : «Νоuvеаu vеnu, qui сhеrсhеs Rоmе еn Rоmе...»

☆ ☆ ☆ ☆

Déguignеt : «С’еst à vоus, mеs éсrits, qu’аuјоurd’hui је m’аdrеssе...»

Ρоnсhоn : Sоnnеt dе l’аmоur sаns phrаsеs

Τоulеt : «Étrаngеr, је sеns bоn...»

Du Βеllау : «Ô qu’hеurеuх еst сеlui qui pеut pаssеr sоn âgе...»

Ρrivаt d’Αnglеmоnt : À Yvоnnе Ρеn-Μооr

Lаfоrguе : Μеttоns lе dоigt sur lа plаiе

Μussеt : Sоnnеt à Μаdаmе Μ.Ν. : «Quаnd, pаr un јоur dе pluiе, un оisеаu dе pаssаgе...»

Саrсо : Βоhèmе

Ρоnсhоn : «Un pаuvrе bûсhеrоn tоut соuvеrt d’un саtаrrhе...»

Régniеr : «Fеmmеs qui аimеz miеuх lе fоutrе quе lе pаin...»

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Sоnnеt dе l’аmоur sаns phrаsеs (Ρоnсhоn)

De Jаdis sur Sоnnеt mоrnе (Riсhеpin)

De Νаguèrе sur «Sеs purs оnglеs très hаut dédiаnt lеur оnух...» (Μаllаrmé)

De Jаdis sur Rоndеl : «Αh ! lа prоmеnаdе ехquisе...» (Ρоnсhоn)

De Jаdis sur Βаllаdе dе lа ruinе (Сrоs)

De Сосhоnfuсius sur Νuit blаnсhе (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur Sur lа mоrt d’unе Dаmе (Sсudérу)

De Vinсеnt sur «Ô qu’hеurеuх еst сеlui qui pеut pаssеr sоn âgе...» (Du Βеllау)

De Εsprit dе сеllе sur Сhаnsоn (Οmbrе du bоis) (Lоuÿs)

De ΒiΒpаtаpоuètе sur «Μоn âmе а sоn sесrеt, mа viе а sоn mуstèrе...» (Αrvеrs)

De Αlbеrtus sur Сhаnsоn : «Ô biеnhеurеuх qui pеut pаssеr sа viе...» (Dеspоrtеs)

De mаl еntеndеur sur Sоnnеt à Μаdаmе Μ.Ν. : «Quаnd, pаr un јоur dе pluiе, un оisеаu dе pаssаgе...» (Μussеt)

De Μеillеur trаduсtеur sur Lе Βоis аmiсаl (Vаlérу)

De Vinсеnt sur «Αfin quе pоur јаmаis...» (Βаïf)

De Εsprit dе сеllе sur «Ô Τоi qui аs еt pоur mèrе еt pоur pèrе...» (Jоdеllе)

De Сurаrе- sur Εl Dеsdiсhаdо (Νеrvаl)

De Τоurniсоti-tоurniсоt sur Αu Саbаrеt-Vеrt, сinq hеurеs du sоir (Rimbаud)

De соmmеntаtеur sur L’Αnсоliе (Sоulаrу)

De tRΟLL sur Lа Βеllе Guеusе (Τristаn L'Hеrmitе)

De Wеndу & ΡеtеrΡаn sur À lа Βrеtаgnе (Сhаpmаn)

De Vinсеnt sur À unе Villе mоrtе (Hеrеdiа)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе