Jean de Sponde



 
Je contemplais un jour le dormant de ce fleuve
Qui traîne lentement les ondes dans la mer,
Sans que les Aquilons le fassent écumer
Ni bondir, ravageur, sur les bords qu’il abreuve.
 
Et contemplant le cours de ces maux que j’épreuve,
Ce fleuve, dis-je alors, ne sait que c’est d’aimer ;
Si quelque flamme eût pu ses glaces allumer,
Il trouverait l’amour ainsi que je le treuve ;
 
S’il le sentait si bien, il aurait plus de flots.
L’Amour est de la peine et non point du repos,
Mais cette peine enfin est du repos suivie,
 
Si son esprit constant la défend du trépas :
Mais qui meurt en la peine il ne mérite pas
Que le repos jamais lui redonne la vie.



Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 9 décembre 2012 à 10h47

Oui, comme l’eau, nous sommes de passage,
Et « demain » veut parfois dire « autre part ».
Mais nous crions aux sages du rivage :
« De nos adieux, n’ayez mauvaise part ».

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 23 mai 2020 à 12h34

Saint Hydronyme
-----------------

Le nom de Saint Laurent devint le nom d’un fleuve
Sur lequel nous voyons des bateliers ramer :
La baleine en soufflant peut le faire écumer,
Mais les braves marins jamais ne s’en émeuvent.

Un sonnet sur ce thème, écrit par Sainte-Beuve,
Dit qu’il aime ce fleuve et que l’on doit l’aimer ;
Et je vois en effet des regards s’allumer
Auprès de ce cours d’eau, ça m’en donne une preuve.

C’est la grâce de Dieu qui fait danser les flots,
Dont seront enivrés les braves matelots ;
Par autant de douceur est leur soif assouvie.

Le grand fleuve comprend la vie et le trépas,
Même s’il ne vit pas, même s’il ne meurt pas,
Mais il peut tout connaître au gré de ses envies.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 1er septembre 2020 à 12h35

Dauphin de gueules
----------

C’est un dauphin vaillant qui remonte les fleuves,
Il est rouge comme est le Ponant enflammé ;
En vers alexandrins il se peut exprimer,
Pour certains riverains, la chose n’est pas neuve.

Auprès d’un beau verger où les pétales pleuvent,
Il chante les refrains qu’il a toujours aimés ;
Cela rend attentifs ses amis emplumés
Qui les ont tous appris et toujours s’en émeuvent.

Par moments l’animal se cache dans les flots,
Son retour est guetté par plusieurs matelots ;
Il surgit brusquement, quand lui en prend l’envie.

De camarades chers il a vu le trépas,
Qui sont partis au loin et ne reviendront pas ;
Il sait bien que cela fait partie d’une vie.

[Lien vers ce commentaire]

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