Victor Segalen

Stèles, 1912


Stèle du chemin de l’âme

Une insolite inscription horizontale : huit grands caractères, deux par deux, que l’on doit lire, non pas de la droite vers la gauche, mais à l’encontre, — et ce qui est plus,

 

Huit grands caractères inversés. Les passants clament : « Ignorance du graveur ! ou bien singularité impie ! » et, sans voir, ils ne s’attardent point.

 

o

 

Vous, ô vous, ne traduirez-vous pas ? Ces huit grands signes rétrogrades marquent le retour au tombeau et le CHEMIN DE L’ÂME, — ils ne guident point des pas vivants.

 

Si détournés de l’air doux aux poitrines, ils s’enfoncent dans la pierre ; si, fuyant la lumière, ils donnent dans la profondeur solide,

 

C’est, clairement, pour être lus au revers de l’espace, — lieu sans routes où cheminent fixement les yeux du mort.


Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 22 juillet 2013 à 10h10

Le calligraphe inverse un flot de caractères,
Quiconque veut les lire a besoin d’un miroir.
Huit termes surgissant d’un inframonde noir,
Destinés à l’esprit de l’intérieur des pierres.

Segalen recopie ces mots pleins de mystère
Et tente un bel effort pour nous les faire voir.
Passant, rince la stèle avec un arrosoir :
Le texte brillera sous la couche d’eau claire,

Le ciel s’y mirera comme une steppe immense ;
Tu pourras écouter cette pierre qui pense
Comme si elle était soudain pourvue de voix,

Comme si elle avait accès à ton oreille
Pour y faire passer l’esprit d’une merveille ;
Bon. Mais, il y a un os. Ce truc, c’est du chinois.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 30 avril 2019 à 17h36

Bouleau de Dionysos
----------

L’écorce du bouleau porte des caractères,
Le sorcier dit de lui qu’il est arbre-miroir ;
Car l’écriture vient d’un inframonde noir
Où les mots sont gravés dans l’intérieur des pierres.

Nul bouleau ne connaît ces mots pleins de mystère
Ni n’a jamais appris comment les faire voir
Aux primates humains, dépourvus de savoir ;
Surtout ceux, parmi eux, qui boivent de l’eau claire.

Mais cet arbre connaît des légendes immenses ;
Beaucoup de sens nous vient du végétal qui pense
Bien qu’il soit solitaire et dépourvu de voix,

Car un proverbe dit: « Le bois n’a pas d’oreilles »
Dont aucun arbre n’a, ce qui n’est pont merveille ;
Sauf, me dit un ancien, quelques bouleaux chinois.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Μаuсlаir : Légеndе : «Ιls l’оnt сlоuéе pаr lеs mаins...»

Vеrlаinе : Соllоquе sеntimеntаl

Βаnvillе : «Sсulptеur, сhеrсhе аvес sоin...»

Siеfеrt : Rêvеs, аnхiétés, sоupirs

Sаtiе : Lе Ρiсniс

Νеrvаl : Ρоlitiquе

Viviеn : Εllе pаssе

Viviеn : Sоis Fеmmе...

Gérаrd : Lеs Саnаrds

Lесоntе dе Lislе : Ιn ехсеlsis

☆ ☆ ☆ ☆

Lаutréаmоnt : «Jе сhеrсhаis unе âmе qui mе rеssеmblât...»

Βаudеlаirе : Lа Vоiх

Frаnс-Νоhаin : Sоlliсitudеs

Sullу Ρrudhоmmе : Lеs Сhаînеs

Vеrlаinе : À Μоnsiеur еt Μаdаmе Τ.

Fаnсhу : Αllоns аu bоis

Rоllinаt : Lе Соnvоi funèbrе

Jаmmеs : Dаns l’аubеrgе fumеusе...

Αpоllinаirе : Εnfаnсе

Sаmаin : Lе Rеpаs prépаré

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur «Сеllе qui dе sоn сhеf lеs étоilеs pаssаit...» (Du Βеllау)

De Сосhоnfuсius sur Саughnаwаgа (Fréсhеttе)

De Сосhоnfuсius sur Sоnnеt mоrnе (Riсhеpin)

De Сurаrе- sur Сirсоnspесtiоn (Vеrlаinе)

De Jаdis sur Sоlitudе (Siеfеrt)

De Сurаrе- sur Τhérаpеutiquе (Μénаrd)

De Jаdis sur Соmpаrаisоn du Ρhéniх (Jаmуn)

De Jаdis sur Stаnсеs sur mоn јаrdin dе Βоuсhеrvillе (Quеsnеl)

De Εsprit dе сеllе sur Ρоur un аmi (Sаintе-Βеuvе)

De Lеwis Ρ. Shаnks sur Lе Μаuvаis Μоinе (Βаudеlаirе)

De Τhundеrbird sur L’Éсlаtаntе viсtоirе dе Sаrrеbruсk (Rimbаud)

De Сurаrе- sur «Εllе а bеаuсоup dе l’аir d’unе аntiquе mаrоttе...» (Sigоgnе)

De Vinсеnt sur «Соmmе un соrps féminin...» (Ρаpillоn dе Lаsphrisе)

De Élеvеur sur Sоnnеt : «Ιl у а dеs mоmеnts оù lеs fеmmеs sоnt flеurs...» (Сrоs)

De Quеlсаin sur «Dаphné sе vit еn lаuriеr соnvеrtiе...» (Sсаliоn dе Virblunеаu)

De Ρlutоrquе sur «J’еntrаis сhеz lе mаrсhаnd dе mеublеs, еt là, tristе...» (Νоuvеаu)

De Εsprit dе сеllе sur «Τоn оrguеil pеut durеr аu plus dеuх оu trоis аns...» (Viаu)

De Τh. dе Viаu sur Lеs trоis hуmnеs primitifs (Sеgаlеn)

De Сосhоnnе Furius sur Sоnnеt : «J’аi pеur dе lа fеmmе qui dоrt...» (Сrоs)

De сindrеl sur Βаllаdе dе l’аrbrе d’аmоur (Сhаrtiеr)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе