Victor Segalen

Stèles, 1912


Hymne au Dragon couché

Le Dragon couché : le ciel vide, la terre lourde, les nuées troubles ; soleil et lune étouffant leur lumière : le peuple porte le sceau d’un hiver qu’on n’explique pas.

 

Le Dragon bouge : le brouillard aussitôt crève et le jour croît. Une rosée nourrissante remplit la faim. On s’extasie comme à l’orée d’un printemps inespérable.

 

Le Dragon s’ébroue et prend son vol : à Lui l’horizon rouge, sa bannière, le vent en avant-garde et la pluie drue pour escorte. Riez d’espoir sous la crépitation de son fouet lancinant : l’éclair.

 

o

 

Hé ! Las ! hé, Dragon couché ! Enspiralé ! Héros paresseux qui sommeille en l’un de nous, inconnu, engourdi, irrévélé,

 

Voici des figues, voici du vin tiède, voici du sang : mange et bois et flaire : nos manches agitées t’appellent à grands coups d’ailes.

 

Lève-toi, révèle-toi, c’est le temps. D’un seul bond saute hors de nous ; et pour affirmer ton éclat,

 

Cingle-nous du serpent de ta queue, fais-nous malades au clin de tes petits yeux, mais brille hors de nous, — oh ! brille !


Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 13 mai 2013 à 16h58


Sur le mur du jardin se repose un lézard,
Cousin des fiers dragons qui défendent l’Empire.
Je lui offre une figue, il la mord sans rien dire,
Il n’en mange, au total, qu’une petite part.

Je l’observe pour voir s’il voudra, par hasard,
Inspirer un poème à ma modeste lyre ;
Mais il garde une allure assez pince-sans-rire,
Sans même une lueur dans son humble regard.

Va-t-il, d’une détente, affirmer son éclat ?
Restera-t-il posé sur le mur, bien à plat ?
Dira-t-il un bon mot, ainsi qu’un joyeux drille ?

Malheur ! On ne le voit, maintenant, plus du tout :
Le traître, par surprise, est rentré dans son trou,
Le voici soudain qui par son absence brille !

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 2 octobre 2019 à 11h36

Dragon du calice
----------------

C’est un noble dragon, ce n’est pas un lézard,
Il reçoit de la viande et du vin de l’Empire ;
Assis dans un calice, il reste sans rien dire,
Ayant, de la boisson, goûté plus que sa part.

Le seul dieu qu’il invoque est celui du Hasard,
Jamais celui du Temps ni celui de la Lyre ;
Il lit des vers tracés par le démon du Rire
Mais ne porte sur eux qu’un fugitif regard.

Je le vois dans ce temple affirmer son éclat,
Surtout quand le cuistot lui apporte un bon plat ;
C’est un noble dragon, mais c’est un joyeux drille.

Au temple, certains jours, il ne vient pas du tout,
Préférant méditer tout au fond de son trou ;
Mais il reste au jardin lorsque la lune brille.

[Lien vers ce commentaire]

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