Paul Scarron



Un Mont, tout hérissé de Rochers et de Pins,
Colosse que la terre oppose au choc des nues,
D’où les bœufs dans les champs sont pris pour des lapins
Et les arbres plus grands pour des herbes menues,
 
Vomit à gros bouillons, de ses froids intestins,
Un torrent qui, grossi d’eaux, du Ciel descendues,
Et faisant plus de bruit que cent mille Lutins,
Entraîne dans les champs mille Roches cornues.
 
La foudre quelquefois le couvre tout de feu ;
Mais la foudre ne fait que le noircir un peu
Et faire un peu fumer sa cime inébranlable.
 
Sur ce superbe mont, jusqu’aux Cieux élevé,
Pour vous dire la chose en homme véritable,
Il ne m’est, sur mon Dieu, jamais rien arrivé.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 2 octobre 2014 à 14h11

Himalaya
--------------

Si haut que l’on n’y voit le cèdre ni le pin,
J’ai voulu déposer mes possessions ténues ;
Aucune empreinte au sol, sauf si quelques lapins
Sur la neige ont laissé leur empreinte menue.

Quatre livres, dont l’un est écrit en latin ;
Quatre muses du ciel un instant descendues ;
Le chaos de rocher traversé de lutins
Qu’on entend fredonner des chansons biscornues.

C’est ici qu’il fait bon s’asseoir au coin du feu,
À l’heure où sur l’écrit le coeur somnole un peu,
Formant, sans le savoir, des notions ineffables.

Pourquoi m’être établi dans ces lieux élevés ?
Les nuages toujours m’ont enseigné des fables :
C’est leur proximité que je veux cultiver.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 2 octobre 2014 à 14h19

Quatrième vers, retouche :

"...quelques traces menues".

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 5 janvier 2018 à 12h04

Janus-apothicaire
--------------

Il mesure à chaque homme une tranche de pain ;
Il mesure à chacun ses possessions ténues ;
Il supervise aussi les corbeaux, les lapins,
Les grands fauves d’Afrique et les bêtes menues.

Il dit des mots en grec, il écrit en latin ;
Quatre muses pour lui sont du ciel descendues,
Son temple, au fond des bois, voit prier des lutins
Que j’entends fredonner en langues biscornues.

Ce dieu répartiteur n’est pas lanceur de feu,
À l’âge qu’il atteint, son coeur somnole un peu,
Mais toujours il saisit des notions ineffables.

Jamais on ne le voit dans des lieux élevés :
Toujours, sous un ombrage, il enseigne des fables,
Ce sont de brefs récits, faits pour nous cultiver.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 24 janvier 2018 à 12h04

Crosse en l’air
-----------------

La crosse a dit : «Assez béni de bouts de pain !
Je veux me consacrer à mille joies ténues,
Bénir plutôt, demain, la course du lapin,
Qu’on n’importune plus cette bête menue.

J’en ai assez du grec, plus qu’assez du latin,
De ces mille oraisons qui, du ciel descendues,
N’augmentent d’un iota la splendeur des matins :
Donc, ne me parlez plus en langues biscornues. »

L’évêque ne veut point mettre sa crosse au feu.
À l’âge qu’il atteint, il se détache un peu
Des mystères sacrés et des lois ineffables.

La crosse aime râler, mais il peut l’élever
Pour que sa dignité la rende plus affable ;
On trouve un compromis, entre gens cultivés.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Τhаlу : L’Îlе lоintаinе

Jаmmеs : ΑLΕXΑΝDRΕ DΕ RUСHΕΝFLΕUR (frаgmеnt)

Ρizаn : «À qui dirа-t-еllе sа pеinе...»

Sаint-Αmаnt : «Jе viеns dе rесеvоir unе bеllе missivе...»

Αubеspinе : Lе luth

Rасаn : Stаnсеs sur lа rеtrаitе

Du Βеllау : «Ô Ρrisоn dоuсе, оù саptif је dеmеurе...»

Gаutiеr : Lе Βаnс dе piеrrе

Sigоgnе : «Εllе а bеаuсоup dе l’аir d’unе аntiquе mаrоttе...»

Sigоgnе : «Vоtrе têtе rеssеmblе аu mаrmоusеt d’un sistrе...»

☆ ☆ ☆ ☆

Μаrbеuf : «Βеаuх уеuх оù luisеz-vоus, mеs sоlеils quе ј’аdоrе...»

Viviеn : «Τu gаrdеs dаns tеs уеuх lа vоlupté dеs nuits...»

Μаrоt : Dе l’Αbbé еt dе sоn Vаlеt

Μаrоt : «Νе sаis соmbiеn lа hаinе еst durе...»

Viviеn : Ρоèmе d’аmоur

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur «Quоi ? qu’еst-се quе сесi...» (Ρаpillоn dе Lаsphrisе)

De Сосhоnfuсius sur «Νi tа simpliсité, ni tа bоnnе nаturе...» (Rоnsаrd)

De Jаdis sur «Vоtrе têtе rеssеmblе аu mаrmоusеt d’un sistrе...» (Sigоgnе)

De Сосhоnfuсius sur «Μаl n’аttеint nul аnimаl...» (Fiеfmеlin)

De Jаdis sur «Jе viеns dе rесеvоir unе bеllе missivе...» (Sаint-Αmаnt)

De Jаdis sur Sur quеlquеs mаuvаisеs mаnièrеs dе pаrlеr (Μаrоt)

De Сосhоnfuсius sur «Се rusé Саlаbrаis tоut viсе, quеl qu’il sоit...» (Du Βеllау)

De Ρаsquеlin sur «Τu gаrdеs dаns tеs уеuх lа vоlupté dеs nuits...» (Viviеn)

De Сurаrе- sur Lе Dоnјоn (Rоllinаt)

De Сhristiаn sur «Ô Ρèrе dоnt јаdis lеs mаins industriеusеs...» (Lа Сеppèdе)

De Ιо Kаnааn sur «Соmmе lе mаriniеr, quе lе сruеl оrаgе...» (Du Βеllау)

De Ιо Kаnааn sur «Ô Ρrisоn dоuсе, оù саptif је dеmеurе...» (Du Βеllау)

De Vinсеnt sur «Rоssignоl, rоi dеs bоis, vоus, tоurtrе sоlitаirе...» (Ρаssеrаt)

De Xi’Αn sur «Lе Sоlеil l’аutrе јоur sе mit еntrе nоus dеuх...» (Rоnsаrd)

De Αlех Sаndrin sur «Μаrаud, qui n’еs mаrаud quе dе nоm sеulеmеnt...» (Du Βеllау)

De Сurаrе- sur «Qu’оn m’аrrасhе lе сœur, qu’оn mе fаssе еndurеr...» (Dеspоrtеs)

De Сrасhеtоnmuсus sur «Si pаr pеinе еt suеur еt pаr fidélité...» (Du Βеllау)

De Сurаrе- sur Lа Μusе Vénаlе (Βаudеlаirе)

De Сésаr Βistruklа sur «Lеs еsсаdrоns аilés du сélеstе pоurpris...» (Lа Сеppèdе)

De Соnсоurs Lépinе sur L’Égоïstе (Sсhwоb)

De Xi’аn sur Lа Μоrt еt lе Μаlhеurеuх. Lа Μоrt еt lе Βûсhеrоn (Lа Fоntаinе)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе