Paul Scarron


Sonnet


Superbes monuments de l’orgueil des humains,
Pyramides, Tombeaux, dont la vaine structure
A témoigné que l’art, par l’adresse des mains
Et l’assidu travail, peut vaincre la nature :
 
Vieux Palais ruinés, chefs-d’œuvre des Romains
Et les derniers efforts de leur architecture,
Colisée, où souvent ces peuples inhumains
De s’entrassassiner se donnaient tablature :
 
Par l’injure des ans vous êtes abolis,
Ou du moins, la plupart, vous êtes démolis ;
Il n’est point de ciment que le temps ne dissoude.
 
Si vos marbres si durs ont senti son pouvoir,
Dois-je trouver mauvais qu’un méchant pourpoint noir,
Qui m’a duré deux ans, soit percé par le coude ?
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 18 juin 2014 à 11h04

Sagesse de Scarron
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Scarron, tu contemplais le labeur des humains
Qui au monde voulaient donner une structure :
Tu vis que tout finit par glisser dans les mains,
Et retourner, sans faute, à l’état de nature.

Horace l’avait dit, le rhapsode romain
Qui prisait sa chanson plus que l’architecture.
Quand s’usent les souliers se creusent les chemins ;
Sans chemin, sans souilers se finit l’aventure.

D’Horace le propos, sans qu’il soit aboli,
Aux pages des bouquins a fortement pâli ;
Classique devenu, on l’oublie, on le boude.

Scarron, ton beau pourpoint  fut troué sans espoir
Que l’on pût le recoudre avec un long fil noir ;
Mais tu ris de la chose, et tu lèves le coude.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 26 mai 2021 à 12h20

Manoir de Scarron
----------

Je me tiens à l’écart de mes frères humains,
J’aime ma maisonnette et son humble structure ;
Tous mes ivres sont presque à portée de mes mains,
Je peux commodément les orner de ratures.

Révisant mon latin dans un missel romain,
Je vois que j’en conserve une faible teinture ;
Je rêve d’être un scribe avec ses parchemins
Ou encore un expert de la littérature.

Je trie mes souvenirs en partie abolis,
Car ma mémoire est comme un verre dépoli ;
Le passé lentement se perd et se dessoude.

Qui croit que la vieillesse est le temps de l’espoir ?
Mais ils sont rassurants, ce modeste manoir
Et le sobre bureau sur lequel je m’accoude.

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