Albert Samain

Au jardin de l’infante, 1893


L’Indifférent


 
Dans le parc vaporeux où l’heure s’énamoure,
Les robes de satin et les sveltes manteaux
Se mêlent, reflétés au ciel calme des eaux,
Et c’est la fin d’un soir infini qu’on savoure.
 
Les éventails sont clos ; dans l’air silencieux
Un andante suave agonise en sourdine,
Et, comme l’eau qui tombe en la vasque voisine,
L’amour tombe dans l’âme et déborde des yeux.
 
Les grands cils allongés palpitent leurs tendresses ;
Fluides sous les mains s’arpègent les caresses ;
Et là-bas, s’effilant, solitaire et moqueur,
 
L’Indifférent, oh ! las d’Agnès ou de Lucile,
Sur la scène, d’un geste adorable et gracile,
Du bout de ses doigts fins sème un peu de son cœur.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 26 février 2015 à 13h57

D’or à un griffon de gueules.
------------------------------

L’air est d’or. Le griffon de gueules se promène
En proposant son coeur aux ondines des puits.
Celle qui en voudrait, fût-ce pour une nuit,
Serait sur cette terre une vraie souveraine.

Or, son offre n’attire ondine ni sirène ;
L’une, même, se moque en l’appelant « Trop cuit »,
Une autre a beaucoup ri, une troisième a fui.
Le griffon va, portant son grand coeur, et sa peine.

Ce n’est pas aujourd’hui que, pleine de tendresse,
Une amante viendra l’instruire de caresses ;
Dans son corps, il devra réinstaller son coeur.

L’ornithorynque rose a rejoint son compère
Et dit « J’ai le remède à cela, je l’espère :
Ce sont quelques flacons d’une douce liqueur. »

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 1er janvier 2018 à 11h48

Janus de sinople
---------------

Le Janus de sinople au jardin se promène,
Il voit la Vérité qui surgit de son puits ;
Il ne la retient pas, fût-ce pour une nuit,
Il ne sait que penser de cette souveraine.

Il n’aime pas non plus entendre la sirène ;
D’Ulysse les exploits ne ont pas faits pour lui,
Devant de tels dangers, ce dieu toujours a fui.
Mais on le voit marcher de bon coeur, et sans peine.

Ce n’est pas un barbon recherchant la tendresse,
Il a passé le temps des gourmandes caresses ;
Ce vieux corps lui demande un répit pour son coeur.

Le Janus de Dix-Neuf a rejoint son compère
Et dit « Tu parviendras jusqu’à moi, je l’espère :
Nous goûterons ensemble une douce liqueur. »

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 2 janvier 2018 à 18h07

Janus de sinople
---------------



******************
Sixème vers:


... ne sont pas
****************

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 4 mars 2020 à 12h27

Méditation du griffon d’azur
------------

-- Je ne me soucie point des affaires humaines,
Je songe à l’Univers en buvant l’eau du puits ;
Je contemple, pensif, l’approche de la nuit
Et je verrai bientôt monter la lune pleine.

Je me souviens d’avoir courtisé des sirènes,
Mais que Poséidon se les garda pour lui ;
Cette histoire est perdue dans le temps qui s’enfuit,
Ainsi se sont éteints le désir et la peine.

Que m’importent, d’ailleurs, les gestes de tendresse,
Mon corps jamais ne fut très sensible aux caresses ;
Ce sont d’autres émois qui font battre mon coeur.

-- Ce griffon, atteignant l’âge d’être grand-père,
Est rempli de sagesse, ou du moins, je l’espère ;
Pourtant je me méfie de son esprit moqueur.

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