Sainte-Beuve

Les Consolations, 1931



 

             
À Madame L.


Madame, vous avez jeunesse avec beauté,
Un esprit délicat cher au cœur du Poète,
Un noble esprit viril, qui, portant haut la tête,
Au plus fort de l’orage a toujours résisté ;
 
Aujourd’hui vous avez, sous un toit écarté,
Laissant là pour jamais et le monde et la fête,
Près d’un époux chéri sur qui votre œil s’arrête,
Le foyer domestique et la félicité ;
 
Et chaque fois qu’errant, las de ma destinée,
Je viens, et que j’appuie à votre cheminée
Mon front pesant, chargé de son nuage noir,
 
Je sens que s’abîmer en soi-même est folie,
Qu’il est des maux passés que le bonheur oublie,
Et qu’en voulant on peut dès ici-bas s’asseoir.
 

8 février 1930.

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 7 février 2015 à 11h23

Sérénité printanière
---------------

Au jardin, quand survient la Dame de Beauté,
J’interromps un instant mon labeur de poète ;
Je cesse de traquer les rimes dans ma tête,
Aux sourires charmeurs, je ne puis résister.

Visiter le grand parc, et ses lieux écartés,
N’est-ce pas un plaisir, n’est-ce pas une fête ?
Le babil des oiseaux fréquemment nous arrête,
Attendrissants qu’ils sont, dans leur félicité.

Car elle est faite ainsi, mon humble destinée.
Tel un grillon chantant près d’une cheminée,
Je dis ces quelques mots quand le ciel devient noir ;

La versification est ma douce folie,
Rimes que le lecteur d’un jour à l’autre oublie,
Quand, à son tour, il va dans les jardins s’asseoir.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 11 août 2018 à 11h30

Au jardin potager
--------------

Cette année, les jardins sont de toute beauté
Quand on aime une friche et qu’on se croit poète,
Quand on a, le matin, des chansons plein la tête ;
Aux douceurs de l’été, je ne puis résister.

J"aime tout ce qui pousse en des lieux écartés,
Loin du pesant labeur et loin des folles fêtes ;
J’observe un terrain vague et voilà, je m’arrête,
Il ne faut rien de plus à ma félicité.

Ici-bas se poursuit mon humble destinée ;
Quelques livres posés sur une cheminée
Racontent des jours gris, de beaux jours, des jours noirs.

Jamais trop de sagesse et point trop de folie,
Tâches que ce vieillard d’un jour à l’autre oublie,
Mais jamais en taverne il n’oublie de s’asseoir.

[Lien vers ce commentaire]

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