Saint-Amant

Œuvres, seconde partie (???)


La Naissance de Pantagruel

POUR UNE MASCARADE


Le jour que je naquis on vit pleuvoir du sel :
Le soleil, en faisant son tour universel,
De la soif qu’il souffrit but quasi toute l’onde,
Et pensa d’un seul trait avaler tout le monde.
De là sont provenus tant d’abîmes sans eaux,
De là sont dérivés tant de rouges museaux.
Qui d’un gosier ardent, que rien ne désaltère,
S’occupent sans relâche au bachique mystère ;
L’air, beaucoup plus en feu qu’au temps de Phaéton,
En cracha sur sa barbe aussi blanc que coton,
Et la nuit de devant on vit avec merveille
Briller une comète en forme de bouteille,
Pour présage certain, non de mortalité,
Comme les autres sont, mais de pleine santé :
J’entends de ces santés que l’on fait à la table,
Et par qui l’homme est dit animal raisonnable.
Ce beau mignon Troyen, ce sommelier des dieux,
Avec la jeune Hébé, versant à qui mieux mieux,
Se lassèrent les bras à leur remplir la coupe,
Et Jupiter en fut ivre comme une soupe.
Le grand mâtin céleste en devint enragé,
Le sucre de Madère en poivre fut changé.
Les gigots de mouton en jambons de Mayence ;
La terre eut le hoquet : elle en cria vengeance,
Et la nature même, en ardeur s’exaltant,
Se vit prête à mourir de la mort de Roland ;
Si bien qu’à mon exemple, ainsi que dit l’histoire,
Partout à gueule ouverte on demandait à boire.
                    À BOIRE ! À BOIRE !
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 21 novembre 2012 à 17h12


Un plaisantin naquit, on vit pleuvoir du sel.
Spinoza dit : Voici un homme universel.
Alors que les poissons applaudissaient dans l’onde,
On entendit chanter tous les pluvians du monde.
La chouette en plein délire a dansé sur les eaux,
Et l’on fit pavoiser les rues de Palaiseau.

Si tu vas à Cluny, que tu te désaltères,
Daniel t’expliquera ce grandiose mystère.
Il te récitera le Dit des Hannetons,
Et le repos du Maître aux bras de Margoton,
Et de ce soir natal la plus grande merveille,
Qu’il vint une comète en forme de bouteille.

À cette narration, pas de moralité,
Mais vous aurez à boire un coup à ma santé.
Allez jusqu’à Cluny, choisissez une table,
Vous y verrez plus d’un animal raisonnable.
Prenez garde à ceux qui seraient trop sentencieux,
Le silence en buvant vous profitera mieux.

Allons, vidons encore un grand nombre de coupes,
Amusons-nous aussi à cracher dans la soupe,
Nous allons délirer comme des enragés,
Et chanter quelques airs dont le texte est changé.
Pour se foutre du monde on a de la vaillance,
Et notre idiotie peut mimer l’intelligence.

Un érudit survint, ces rimes commentant.
Cochonfucius m’a l’air moins noble que Roland,
Neveu de Charlemagne. Et pourtant, son histoire
Agrémente le temps que nous passons à boire.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Lесоntе dе Lislе : Lа Dеrnièrе Visiоn

Βеrnаrd : «Τоi qui trоublеs lа pаiх dеs nоnсhаlаntеs еаuх...»

☆ ☆ ☆ ☆

Rоnsаrd : «Yеuх, qui vеrsеz еn l’âmе, аinsi quе dеuх Ρlаnètеs...»

Νоuvеаu : Сhаnsоn dе mеndiаnt

Νоuvеаu : «Hiеr, pаr unе аprès-midi...»

Lаfоrguе : Αvаnt-dеrniеr mоt

Cоmmеntaires récеnts

De Jасquеs Rоubаud sur «Οn m’а mis аu соllègе (оh ! lеs pаrеnts, с’еst lâсhе !)...» (Νоuvеаu)

De Сеltоmаniаquе sur «Lе miсrоbе : Βоtulinus...» (Τоulеt)

De Stеphеn Βiеnаrmé sur Lе Τоmbеаu dе Сhаrlеs Βаudеlаirе (Μаllаrmé)

De Jаdis sur «Lе сhеmin qui mènе аuх étоilеs...» (Αpоllinаirе)

De Ρаul-Jеаn sur Βаllаdе [dеs dаmеs du tеmps јаdis] (Villоn)

De X. sur Splееn : «Τоut m’еnnuiе аuјоurd’hui. J’éсаrtе mоn ridеаu...» (Lаfоrguе)

De Сhаrlеs С. sur Sоnnеt : «Jе sаis fаirе dеs vеrs pеrpétuеls. Lеs hоmmеs...» (Сrоs)

De Lа Μusérаntе sur Αu Саrdinаl Μаzаrin, sur lа Соmédiе dеs mасhinеs (Vоiturе)

De Vinсеnt sur Lа Ρrеmièrе Νuit (Lаfоrguе)

De Сurаrе- sur Lе Μаrtin-pêсhеur (Rеnаrd)

De Сurаrе- sur Sоnnеt sur dеs mоts qui n’оnt pоint dе rimе (Sаint-Αmаnt)

De Liоnеl sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr)

De Сосhоnfuсius sur À prоpоs d’un « сеntеnаirе » dе Саldеrоn (Vеrlаinе)

De Сосhоnfuсius sur «J’аimе l’аubе аuх piеds nus...» (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur «Quеl hеur, Αnсhisе, à tоi, quаnd Vénus sur lеs bоrds...» (Jоdеllе)

De Sullу sur «Quаnd је pоuvаis mе plаindrе еn l’аmоurеuх tоurmеnt...» (Dеspоrtеs)

De Jаdis sur Sоnnеt : «Vеnt d’été, tu fаis lеs fеmmеs plus bеllеs...» (Сrоs)

De Jаdis sur Саusеriе (Βаudеlаirе)

De GΑRΟUX Сhristiаnе sur Virgilе (Βrizеuх)

De Rigаult sur Lеs Hirоndеllеs (Εsquirоs)

De Rigаult sur Αgénоr Αltаrосhе

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе

 



Photo d'après : Hans Stieglitz