Ronsard

Sonnets pour Hélène, 1578



 
Madame se levait un beau matin d’Été,
Quand le Soleil attache à ses chevaux la bride :
Amour était présent avec sa trousse vide,
Venu pour la remplir des traits de sa clarté.
 
J’entrevis dans son sein deux pommes de beauté,
Telles qu’on ne voit point au verger Hespéride :
Telles ne porte point la Déesse de Gnide,
Ni celle qui a Mars des siennes allaité.
 
Telle enflure d’ivoire en sa voûte arrondie,
Tel relief de Porphyre, ouvrage de Phidie,
Eut Andromède alors que Persée passa,
 
Quand il la vit liée à des roches marines,
Et quand la peur de mort tout le corps lui glaça,
Transformant ses tétins en deux boules marbrines.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 23 septembre 2017 à 11h30

Grand basilic d’or
-----------------

Le grand basilic d’or aime les mois d’été,
La lumière est pour lui un bienfaisant liquide ;
Il s’étale au soleil, son esprit fait le vide,
La nature et son âme ont la même clarté.

C’est un savant reptile, amateur de beauté,
Savourant la couleur des raisins translucides
Ou le subtil éclat d’un lac aux eaux limpides ;
Mais il aime surtout flâner en liberté.

Puis l’automne s’en vient, les pommes arrondies,
Merveilleux ornement des prés de Normandie,
Autrefois célébrées par Guy de Maupassant.

Les vapeurs du calva chatouillent ses narines,
Faisant vibrer son coeur plus vite en sa poitrine ;
Mais il n’en prend pas trop, cet alcool est puissant.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 16 novembre 2021 à 12h58

Ouroboros de novembre
------------

Je ne regrette point la splendeur de l’été,
La fine pluie me semble un bienfaisant liquide ;
La grisaille des jours a la couleur du vide
Pour moi qui la préfère à de fortes clartés.

L’automne est à mes yeux le temps de la beauté,
Les feuillages sont roux, le monde est translucide ;
Aux celliers s’élabore un breuvage limpide,
Les ondins du marais nagent en liberté.

Un bel oiseau picore une pomme arrondie,
L’ours commence à gaver sa panse rebondie ;
Le vent sur ton chemin rit de tes maux, passant.

Un parfum de sous-bois chatouille mes narines,
Le sang de la dryade échauffe sa poitrine ;
Le ciel est assombri, mais n’est point menaçant.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Τаilhаdе : Сhоrègе

Gоnzаguе-Friсk : Ιnсоmpétеnсе

☆ ☆ ☆ ☆

Régniеr : Εn fоrêt

Νоuvеаu : Τаrtаrin

Cоmmеntaires récеnts

De Liоnеl sur Sоnnеt bоuts-rimés (Gаutiеr)

De Сосhоnfuсius sur À prоpоs d’un « сеntеnаirе » dе Саldеrоn (Vеrlаinе)

De Сосhоnfuсius sur «J’аimе l’аubе аuх piеds nus...» (Sаmаin)

De Сосhоnfuсius sur Αu Саrdinаl Μаzаrin, sur lа Соmédiе dеs mасhinеs (Vоiturе)

De Sullу sur «Quаnd је pоuvаis mе plаindrе еn l’аmоurеuх tоurmеnt...» (Dеspоrtеs)

De Jаdis sur Sоnnеt : «Vеnt d’été, tu fаis lеs fеmmеs plus bеllеs...» (Сrоs)

De Jаdis sur Саusеriе (Βаudеlаirе)

De Βеаudеlаirе sur Βаudеlаirе

De Lе Gаrdiеn sur Virgilе (Βrizеuх)

De Jаdis sur Сrépusсulе (Соppéе)

De Rigаult sur Lеs Hirоndеllеs (Εsquirоs)

De Rigаult sur Αgénоr Αltаrосhе

De Jоël Gауrаud sur Αvе, dеа ; Μоriturus tе sаlutаt (Hugо)

De Huguеs Dеlоrmе sur Sоnnеt d’Αrt Vеrt (Gоudеzki)

De Un pоilu sur «Μоn âmе а sоn sесrеt, mа viе а sоn mуstèrе...» (Αrvеrs)

De Lе соmiquе sur Μаdrigаl tristе (Βаudеlаirе)

De Сhаntесlеr sur «Sur mеs vingt аns, pur d’оffеnsе еt dе viсе...» (Rоnsаrd)

De Gеоrgеs sur À lа mémоirе dе Zulmа (Соrbièrе)

De Guillеmеttе. sur «Lе bеаu Ρrintеmps n’а pоint tаnt dе fеuillаgеs vеrts...» (Lа Сеppèdе)

De Guillаumе sur Αbаndоnnéе (Lоrrаin)

De Lа Μusérаntе sur Hоmmаgе : «Lе silеnсе déјà funèbrе d’unе mоirе...» (Μаllаrmé)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе