Ronsard

Sonnets pour Hélène, 1578



 
Le soir qu’Amour vous fit en la salle descendre
Pour danser d’artifice un beau ballet d’Amour,
Vos yeux, bien qu’il fût nuit, ramenèrent le jour,
Tant ils surent d’éclairs par la place répandre.
 
Le ballet fut divin, qui se soulait reprendre,
Se rompre, se refaire, et tour dessus retour
Se mêler, s’écarter, se tourner à l’entour,
Contre-imitant le cours du fleuve de Meandre.
 
Ores il était rond, ores long, or étroit,
Or en pointe, en triangle, en la façon qu’on voit
L’escadron de la Grue évitant la froidure.
 
Je faux, tu ne dansais, mais ton pied voletait
Sur le haut de la terre : aussi ton corps s’était
Transformé pour ce soir en divine nature.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 15 octobre 2015 à 11h26

Cheval triple
------------------

C’est un monstre d’argent qu’on voit du ciel descendre,
C’est un triple cheval, un messager d’amour ;
Sa gloire l’accompagne, illuminant le jour,
Il vient pour ses bienfaits sur la plaine répandre.

De son brillant aspect, nul détail à reprendre,
Décidément, l’on peut l’admirer sans détour ;
Quel plaisir, avec lui, de partir faire un tour
Sur le bord de la Seine, en un ombreux méandre !

L’autre jour, près de lui, un ange voletait
Qui au long du chemin doucement papotait,
Parlant de tout, de rien, puis de littérature ;

Notez qu’il est unique, et pourtant, qu’il est trois,
Imitant du Seigneur la trinitaire loi ;
Proche du Créateur est cette créature.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 13 mai 2018 à 12h29

Armes d’Abel et de Caïn
--------------------

Armes ne sont présents qu’on vit du ciel descendre,
Jamais de tels objets l’on n’use avec amour.
Le deuil les accompagne, assombrissant le jour,
Dont je vois ses méfaits aux âmes se répandre.

Pour Abel et Caîn, de leurs armes s’éprendre,
Ce fut pour emprunter un chemin sans retour ;
Le serpent, nous dit-on, leur a joué ce tour,
Lui dont le froid esprit a de sombres méandres.

En vain, près de Caïn, son bel ange insistait
Qui son mortel projet fermement contestait,
Refusant que l’Enfer eût son âme en pâture.

Auprès du tendre Abel, les anges furent trois,
Rappelant du Seigneur la pacifique loi ;
Mais ils n’ont rien pu faire, ils étaient immatures.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 24 octobre 2019 à 11h12

Entre tes mains
--------

En inframonde obscur je ne veux point descendre,
C’est un endroit maudit, c’est un lieu sans amour ;
Il est trop éloigné de la clarté du jour,
Brûlez donc mon cadavre et dispersez les cendres.

Quand je songe à la mort, dont on ne peut s’éprendre,
Je ne saurais aimer ce chemin sans retour ;
La vie nous y conduit, malgré tous nos détours,
C’est un long fleuve orné d’inutiles méandres.

Vainement à son sort cette âme résistait,
Qui de pures amours autrefois attestait ;
Elle avait su trouver refuge en l’Écriture.

Maître de l’Univers, toi dont le coeur est droit,
Toi qui nous a donné de pacifiques lois,
Reprends entre tes mains ta douce créature.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 24 octobre 2019 à 11h17

Entre tes mains (avec retouche)
------------------

En inframonde obscur je ne veux point descendre,
C’est un endroit maudit, c’est un lieu sans amour ;
Il est trop éloigné de la clarté du jour,
Brûlez donc mon cadavre et dispersez les cendres.

Quand je songe à la mort, dont on ne peut s’éprendre,
Je ne saurais aimer ce chemin sans retour ;
La vie nous y conduit, malgré tous nos détours,
C’est un long fleuve orné d’inutiles méandres.

Vainement à son sort cette âme résistait,
Qui de pures amours autrefois attestait ;
Elle avait su trouver refuge en l’Écriture.

Maître de l’Univers, toi dont le coeur est droit,
Toi qui nous as donné de pacifiques lois,
Reprends entre tes mains ta douce créature.

[Lien vers ce commentaire]

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