Ronsard

Sonnets pour Hélène, 1578



 
En choisissant l’esprit vous êtes malapprise,
Qui refusez le corps, à mon gré le meilleur :
De l’un en l’éprouvant on connaît la valeur,
L’autre n’est rien que vent, que songe et que feintise.
 
Vous aimez l’intellect, et moins je vous en prise :
Vous volez, comme Icare, en l’air d’un beau malheur :
Vous aimez les tableaux qui n’ont point de couleur.
Aimer l’esprit, Madame, est aimer la sottise.
 
Entre les courtisans, afin de les braver,
Il faut en disputant Trimégiste approuver,
Et de ce grand Platon n’être point ignorante.
 
Mais moi qui suis bercé de telle vanité,
Un discours fantastiq’ ma raison ne contente :
Je n’aime point le faux, j’aime la vérité.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 16 mai 2014 à 10h09

Oiseau de mai
-----------------

Comme un enfant disant sa leçon mal apprise,
Un oiseau chante au soir, intrépide veilleur ;
Ne dites point que c’est un oiseau de malheur,
Il ne chante les maux, les peurs ni les hantises.

Sa voix est maladroite, et pourtant, je la prise,
Puisque, de jour en jour, il deviendra meilleur,
Donnant aux mélodies plus vaillante couleur
Au temps où le désir son petit coeur attise.

C’est le sort du chanteur, de chaque jour braver
Son public n’ayant point le goût de l’approuver ;
C’est son lot de mener une vie éprouvante.

Avec application, sans peur, sans vanité,
Le passereau produit une chanson vivante,
Un poème du coeur, un chant de vérité.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 21 août 2019 à 12h12

Tétramorphe
----

Je ne sais d’où lui vient la forme qu’il a prise,
Ce tétramorphe vert, un antique veilleur ;
Serait-ce par bonheur ? Serait-ce par malheur?
Sur de telles questions je n’ai nulle expertise.

Ce pourrait être aussi l’effet d’une méprise,
Un habit de hasard, faute d’un sort meilleur ;
Il est orné, pourtant, de bien vives couleurs,
De nuances aussi, qui l’arc-en-ciel courtisent.

Lui qui sut autrefois le déluge braver,
Les prophètes divins n’ont pu que l’approuver,
Que n’atteignit alors jamais nulle épouvante.

D’aucun de ses rameaux ne tirant vanité,
Il est le Quadriforme, une chose vivante
Qui peut dire à chacun ses quatre vérités.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 22 janvier 2020 à 12h08

Veilleur-dragon
-------------

Quand la nuit sur la ville établit son emprise,
Je vois déambuler ce courageux veilleur ;
Il regarde partir les derniers balayeurs,
Il transporte un fanal qui tremble dans la brise.

C’est un dragon vaillant, à la sage expertise,
Qui de tous ses pareils est de loin le meilleur ;
Il est incorruptible, il n’est pas batailleur
Et pas non plus de ceux qui la gloire courtisent.

Au long de la nuit sombre, il parcourt le pavé,
Lequel est maintes fois par l’averse lavé ;
Le bon dragon poursuit cette ronde éprouvante.

En ville comme ailleurs, le monde est vanité,
Mais pour notre veilleur cette ville est vivante,
C’est un lieu de justice, un lieu de vérité.

[Lien vers ce commentaire]

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