Ronsard

Sonnets pour Hélène, 1578



 
De Myrte et de Laurier feuille à feuille enserrés
Hélène entrelaçant une belle Couronne,
M’appela par mon nom : Voilà que je vous donne,
De moi seule, Ronsard, l’écrivain vous serez.
 
Amour qui l’écoutait, de ses traits acérés
Me pousse Hélène au cœur, et son Chantre m’ordonne :
Qu’un sujet si fertil’ votre plume n’étonne :
Plus l’argument est grand, plus Cygne vous mourrez.
 
Ainsi me dit Amour, me frappant de ses ailes :
Son arc fit un grand bruit, les feuilles éternelles
Du Myrte je sentis sur mon chef tressaillir.
 
Adieu, Muses, adieu, votre faveur me laisse :
Hélène est mon Parnasse : ayant telle Maîtresse,
Le Laurier est à moi, je ne saurais faillir.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 7 mars 2021 à 13h54

Clé d’un petit roi prudent
--------------

Dans cet obscur placard est mon sceptre doré,
Puis quand je vais dormir j’y pose ma couronne ;
J’y range par ailleurs les rubans qu’on me donne,
Même ceux que jamais je ne veux arborer.

En bas, c’est un tiroir pour mon glaive acéré
Que je sors du fourreau quand le destin l’ordonne ;
Aussi l’anneau divin, qui point ne m’abandonne,
Et la chape de bure et le bâton ferré.

Ça ferme avec ma clé, protectrice fidèle,
Faite de bon métal, noble en est le modèle ;
Vainement l’on viendrait mon placard assaillir.

Ce n’est pas un réduit, c’est une forteresse
Bien digne d’abriter Artémis chasseresse ;
Je suis un roi prudent, je ne saurais faillir.

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Déposé par Ada en Héraldie le 8 mars 2021 à 22h18

Le terrier vu de près tend à s’empoussiérer
Tout le temps, mais du temps on n’en a pas des tonnes ;
C’est souvent fatiguant ce réel qui gloutonne,
Un chemin dans le noir appelle à s’égarer.                        

Nul besoin de se voir par trop désespéré,
Être comme l’oreille où trop de trucs bourdonnent
Qui se délecterait d’un yaourt de consonnes
Sur un Dies Irae ou un Miserere.

Un regard extérieur n’y verrait que paresse
Alors que se soulève une prenante ivresse ;
Morphée est assommé, poussé à défaillir.

Un papier, un stylo, se coupe la ficelle,
Un dico pas trop lourd, se lève la nacelle,
Aux courants imprévus, la laisser tressaillir.

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Déposé par Jadis le 10 mars 2021 à 14h18

En effet, il n’y a pas à désespérer :
On est, ma foi, charmé, par ce sonnet qui sonne
Fort gracieusement ; hardi, pas monotone –
Entaché toutefois d’un choix prématuré.

La mécanique avait pourtant bien démarré :
L’alexandrin vrombit, le poème ronronne,
Mais là, dans les tercets, voilà que ça déconne,
Même si les lecteurs n’en ont rien à cirer.

Voilà qu’inopinée, au lieu d’ « -elle », s’empresse
La rime inopinée et insolente en « -esse » ;
Ce vent de liberté m’aura fait tressaillir.

Où s’attendait la laisse, on n’eut que la ficelle ;
Au lieu de soupe épaisse, un seul chou de Bruxelles...
Un trait de génie ? Oui, de « Génie sans bouillir ».


(Sans rancune, j’espère...)

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Déposé par Jadis le 10 mars 2021 à 14h31

Ah ben du coup j’ai merdé moi aussi, j’ai mis deux fois "inopinée". La deuxième fois, lire :

La rime intempestive et insolente en « -esse » ;

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Déposé par Vincent le 10 mars 2021 à 16h29

La chute

Dans son long manteau bleu, aux ornements dorés,
Comme l’est sur sa tête, une haute couronne,
Une cartomancienne, emplie de chagrin, donne
Toute son affection à son fils adoré.

Lové contre son cœur, il a les dents serrés,
Du sang souille son crâne, il est pâle, il frissonne,
Son père, à ses côtés, aux pleurs s’abandonne,
Le saltimbanque y voit un cas désespéré.

Le jeune équilibriste, imitait l’hirondelle,
En hauteur, sur un fil, qui lui fut infidèle,
Le choc qui s’ensuivit fait, l’enfant, défaillir.

Tous, autour des parents, partagent la détresse,
Sauf la chouette enchainée à la devineresse,
Qui leur en veut bien trop, pour, leur peine, accueillir.



https://misquette.wordpress.com/2021/03/10/la-chute-2/

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Déposé par Ada en Héraldie le 11 mars 2021 à 21h29

Ha Jadis, je ris ! Merci pour tous ces compliments.
Il n’y avait que vous pour remarquer l’anarque, mais je pensais que vous n’étiez plus là. Me voilà rassurée.

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Déposé par Curare- le 11 mars 2021 à 22h09

Intriguant Jadis
Belle plume, on aime s’attarder
Puis il disparait . .
Anonymous Fake (Euh ou Fawkes sorry :-)

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Déposé par Cochonfucius le 15 août 2023 à 11h44

Forteresse précaire
-----------------

Ici vivent trois égarés,
Trois malheureux rois sans couronne ;
Ils vivent de ce qu’on leur donne,
Ces monarques désemparés.

Dans leur petit jardin carré,
Les récoltes ne sont point bonnes ;
Peu s’en faut qu’ils ne l’abandonnent,
Tant ce courtil est mal barré.

Nul sujet ne leur fut fidèle,
Bientôt s’éteindra leur chandelle ;
Le froid viendra les assaillir.

Les murs abritent leur paresse
Et tous leurs espoirs disparaissent ;
Sans nul doute, ils vont défaillir.

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