Ronsard

Sonnets pour Hélène, 1578



 
Cent et cent fois le jour l’Orange je rebaise,
Et le pâle Citron qui viennent de ta main,
Doux présent amoureux, que je loge en mon sein,
Pour leur faire sentir combien je sens de braise.
 
Quand ils sont demi-cuits, leur chaleur je rapaise,
Versant des pleurs dessus, dont triste je suis plein :
Et de ta mauvaistié avec eux je me plain,
Qui cruelle te ris de me voir à malaise.
 
Oranges et Citrons sont symboles d’Amour :
Ce sont signes muets ; que je puis quelque jour
T’arrêter, comme fit Hippomène Atalante.
 
Mais je ne le puis croire : Amour ne le veut pas,
Qui m’attache du plomb pour retarder mes pas,
Et te donne à fuir des ailes à la plante.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 6 novembre 2017 à 12h21

Abeilles aquitaines
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Piaf-Tonnerre en a fait le sujet de sa thèse :
Il les laissa souvent se poser sur ses mains,
Il aime aussi les voir se former en essaim,
Ou, pendant tout l’hiver, vivre entre parenthèses.

Le soleil les ravit, la brise les apaise,
Je les entend chanter quand leurs greniers sont pleins;
L’abeille est un forçat qui jamais ne se plaint,
Car son labeur n’est point la source d’un malaise.

Abeilles et bourdons sont symboles d’Amour :
Ce sont signes parlants, créatures de jour
Menant avec les fleurs une danse galante.

La thèse, cependant, ne se termine pas ;
Piaf-Tonnerre a du mal à franchir un tel pas,
Il préfère observer un insecte, une plante.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 25 août 2021 à 12h38

Plumes érudites
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Cet oiseau bien souvent sut encadrer des thèses,
D’un étonnant savoir il montra le chemin ;
Aux murs de son bureau trônent cent parchemins,
Ces travaux font l’objet d’une vaste synthèse.

Maintenant il est vieux, sa soif d’agir s’apaise,
De ses livres souvent il vide le trop-plein ;
Or, d’être retraité, jamais il ne s’en plaint,
Ne gardant du passé nulle impression mauvaise.

Dans un rêve il revit ses anciennes amours,
Cela rend lumineux les vestiges du jour ;
Il n’écrit pourtant plus de ces proses galantes.

De marcher dans sa ville il ne se lasse pas,
Il va comme un pigeon, faisant de petits pas ;
Un ange suit des yeux sa promenade lente.

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