Ronsard

Amours diverses, 1578



Amour, je ne me plains de l’orgueil endurci,
Ni de la cruauté de ma jeune Lucrèce,
Ni comme, sans recours, languir elle me laisse :
Je me plains de sa main et de son godmicy.
 
C’est un gros instrument par le bout étréci,
Dont chaste elle corrompt toute nuit sa jeunesse :
Voilà contre l’Amour sa prudente finesse,
Voilà comme elle trompe un amoureux souci.
 
Aussi, pour récompense, une haleine puante,
Une glaire épaissie entre ses draps gluante,
Un œil hâve et battu, un teint pâle et défait,
 
Montrent qu’un faux plaisir toute nuit la possède.
Il vaut mieux être Phryne et Laïs tout à fait,
Que se feindre Portie avec un tel remède.
 

Commentaire (s)
Déposé par Didier COLPIN le 19 octobre 2018 à 15h22


2760 L’HOMME RESTE LE MÊME ! LA FEMME AUSSI…

L’humain reste l’humain dans le bien dans le mal
Cette immobilité vaut aussi pour l’intime
Il se montre ‘toujours’ du plaisir le vassal
Perpétuellement cette quête l’anime…

Enfant j’ai découvert à l’école Ronsard
Souvenir de ‘Mignonne allons voir si la rose’
Souvenir d’un poète où la plume avec art
Respectueusement sur le papier se pose…

Son époque est lointaine autant que les Valois
Et je l’imaginais dans une bienséance
Dans une retenue où les mots que courtois
Fuient les sujets ‘légers’ car teintés d’indécence…

« Amour, je ne me plains de l’orgueil endurci »
Me fit le découvrir sur un autre registre
Lucrèce le repousse usant qu’un «godmicy »
Contente du bienfait qu’alors elle s’administre…

Sex-toys canards vibros ne sont donc pas nouveaux
-Et ce même poète aborda le saphisme-
Le moralisateur est sur ses grands chevaux…
Va la nature humaine au sein d’un fatalisme

COLPIN Didier

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