Rollinat

Paysages et paysans, 1899


Extase du soir


 
Droits et longs, par les prés, de beaux fils de la Vierge
Horizontalement tremblent aux arbrisseaux.
La lumière et le vent vernissent les ruisseaux.
Et du sol, çà et là, la violette émerge.
 
Comme le ciel sans tache, incendiant d’azur
Les grands lointains des bois et des hauteurs farouches,
La rivière, au frisson de ses petites mouches,
A dormi, tout le jour, son miroitement pur.
 
Dans l’espace, à présent voilé sans être sombre,
Des morceaux lumineux joignent des places d’ombre,
Du ciel frais tombe un soir bleuâtre, extasiant.
 
Et, tandis que, pâmé, le peuplier s’allonge,
Le soleil bas, dans l’eau, fait un trou flamboyant
Où le regard brûlé s’abîme avec le songe.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 5 mars 2021 à 12h46

Extase du hérisson
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Petit être amoureux d’une déesse vierge,
Il se trouve auprès d’elle un humble vermisseau ;
Il lui offre un poisson qu’il tira du ruisseau,
Lequel imprudemment passa près de la berge.

La déesse préfère un gigot de l’auberge,
Elle qui se nourrit surtout de fins morceaux ;
Pour un astral Poisson, pour son voisin Verseau,
Elle n’exige point qu’on allume des cierges.

L’âme du Hérisson jamais ne devient sombre,
Lui qui n’est pas surpris de se trouver dans l’ombre ;
Tu ne le verras point courir en aboyant.

Il sait se contenter des insectes qu’il ronge,
Puisque, finalement, son amour n’est qu’un songe. ;
Il en garde pourtant le reflet flamboyant.

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Déposé par Ada en Héraldie le 6 mars 2021 à 00h14

La lumière revient, c’est le temps des asperges,
C’est le moucheron qui se noie dans l’expresso ;
Les brumes du matin dansent le calypso,
Les pâquerettes rient sur les pelouses vierges.

La flûte attend toujours un air qui trop gamberge
Et l’appareil photo est complètement sot ;
Est-elle encore là ou devenue ruisseau,
La Garonne erratique aux interdites berges ?

“Prends soin de toi, fais-toi des masques de concombre !”
“Loue un chien, tu pourras prendre l’air sans encombre !”
Nous préférons scruter le mental déraillant.

Dans cette tête-là, nous sommes en surnombre,
Allions-nous chaque soir, qu’elle se désencombre,
Buvant, fumant, rêvant, le tout en rimaillant.

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