Rodenbach

La Jeunesse blanche, 1886


Rendez-vous tristes


 
Oh ! l’insipidité des rendez-vous maussades
Qu’on se donne, en hiver, dans un faubourg lointain,
Aux fins d’après-midi, lorsque entre les façades
De rares coins de ciel sont couleur de l’étain.
 
La femme qu’on attend dans la boue et la pluie,
On sent bien que pour elle on a guère d’amour
Et qu’elle est tout au plus dans l’âme qui s’ennuie
La lampe qu’on allume après la mort du jour !
 
Le soir triste descend, tandis que les gouttières
Sanglotent et tandis que de grands corbillards,
Élégiaquement, vers les blancs cimetières,
Leurs lanternes en feu, s’en vont dans les brouillards.
 
On tombe tout à coup à des mélancolies
Si mornes qu’on voudrait s’en retourner chez soi
Ou bien, dans une église où l’on chante complies,
Entrer et raccrocher des lambeaux de sa Foi !
 
Et voici qu’on allume au loin les réverbères.
— Non ! on ne l’aime pas, celle qui doit venir ! —
Et voici que là-bas les vices impubères
S’accouplent dans le noir que le gaz va jaunir.
 
On voudrait s’enfuir vite et rentrer dans sa chambre,
Avec des haut-le-corps, quand on songe au roulis
Des fiacres cahotant, dans le froid de novembre,
Des amours de hasard sous leurs rideaux salis !
 
Oh ! les baisers furtifs dans l’ombre des impasses !
Tout le passé revient : les mobiliers d’hôtel,
Les noms prostitués égratignant les glaces,
Et l’on songe en pleurant que le cœur devient tel,
 
Plein de charbons éteints, de tentures fanées,
Et qu’aux heures de spleen, quand nous y retournons,
Nous en trouvons aussi les chambres profanées
Et le miroir d’amour tout balafré de noms !
 

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