Rodenbach

La Jeunesse blanche, 1886


Départ


 
 

I


 
En quittant le collège, abri calme et dormant,
J’ai pleuré mon enfance et j’ai confusément
Senti qu’un peu de moi restait là, dans la pierre !

L’habitude est si douce au cœur, si familière !
Et j’avais dès longtemps pris celle de m’asseoir
Dans la salle d’étude, après les jeux, le soir,
D’écrire, de rêver, les mains contre les tempes,
Et de lire aux clartés amicales des lampes !
Au moment de partir, de quitter à jamais
Les peupliers connus du jardin que j’aimais.

Lui qui versa son ombre à mon adolescence,
J’ai senti que mes yeux souffriraient par l’absence !

Et j’ai tout revécu ; les courses d’autrefois
Le long des grands chemins où bourdonnaient nos voix
Dans la vague rumeur des moissons remuées.
Nos regard enfantins qui suivaient les nuées
Roses comme nos cœurs et changeantes comme eux !
Puis nos retours hâtifs pendant l’hiver brumeux
Par les lointains faubourgs où la mélancolie
Des orgues se fondait dans celle de la pluie !
Et nos calmes sommeils fleuris de rêves blancs
Parmi les dortoirs où les rideaux tremblants
Avaient une envergure et des frissons de voiles !
 
 
 

II


 
Ces choses du passé sont comme des étoiles
Dont le foyer d’or pâle est mort, mais dont on sent
Le rayon venir doux comme un rappel d’absent !
Et puis c’est en quittant la grande maison calme
Où l’Espoir dans les mains nous mettait une palme,
C’est à ce moment-là que nous avons compris
Qu’il faut laisser toujours le chemin qu’on a pris,
Et que la vie humaine est un vieux pays sombre,
Où les marcheurs pensifs, en des routes sans nombre,
Se croisent dans des cris d’accueil et de départ !
 
Oh ! partir ! partir seul ! s’en aller autre part
Sous de arbres nouveaux qu’il faudra longtemps suivre,
Et tout abandonner — recommencer à vivre !
 

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