Rodenbach

Le Règne du Silence, 1891


I

 


Dans l’aurore s’éplore un octobre des pierres.
 
Le vent vindicatif, après tant de saisons,
— En des jours gris, des jours de souffrances plénières —
Ébranle la langueur des anciennes maisons
Dont le front se lézarde en rides de vieillesse.
Sombres murs avancés en âge ! Vieux logis
De qui l’âme s’attarde aux rideaux défraîchis,
Branlants de souvenirs et perclus de tristesse,
Qui tamponnent avec de la mousse à leur flanc
La blessure au sang vif des briques s’éraflant ;
Vieilles maisons de qui les toitures minées
Voient dépérir, autour des noires cheminées,
Les tuiles rouges qui s’effeuillent lentement
Comme un jardin de grands géraniums qui meurent !
Ô déclin des maisons ! Ruine ! Dénouement !
À peine d’autrefois quelques nymphes demeurent
Aux bas-reliefs fleuris où leur printemps dansait ;
On les voit chaque jour se débander ; et c’est
Triste comme un départ, leurs danses finissantes ;
Si triste ! Tel un soir de noce ou de moisson...
— Un faune sur sa flûte essaie encore un son ; —
Mais les nymphes, autour, sont déjà presque absentes,
Mordant un raisin vide et noir, par dernier jeu ;
Nymphes de qui la troupe a souffert sous la pluie
Et dans l’intérieur des murs est comme enfuie
N’ayant plus que le geste ébauché de l’adieu !
Car tout s’en va ! tout meurt ! les pierres sont fanées ;
Les bouquets de sculpture, en débris lents, vont choir,
Comme déguirlandés du tombeau des Années
Tant leur effeuillement dans l’air sonore est noir.
C’est un délabrement, une désuétude
De vivre qui les prend et les pousse à la mort
Avec les arbres vieux en proie au même sort,
C’est l’automne des murs ! la bise les dénude ;
Déjà les carreaux morts sont sans visage aucun ;
C’est fini, tout espoir de soleil sur les portes ;
Et les pierres déjà se dispersent en un
Unanime et frileux départ de feuilles mortes !
 

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