Rimbaud


Ma Bohème

(Fantaisie)


Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !
 
Mon unique culotte avait un large trou.
— Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
— Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou
 
Et je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;
 
Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 22 novembre 2012 à 14h46


Pour pantoufles, j’avais des bottines crevées.
Sur le démesuré, je dressais l’idéal;
De froids péchés s’enflait mon plumage féal,
Neutralité de teinte en les choses rêvées.

Passant près d’une haie, j’entre en un large trou.
J’avais bien combattu, j’avais fini ma course,
J’avais saisi plusieurs diamants de la Grande Ourse,
Nourri des faims de loup avec mon corps frou-frou,

Pris des voies négligées par l’inspecteur des routes,
Et brûlé mes deux yeux qui réclamaient des gouttes.
Tout est permis à ceux qui s’en vont, par vigueur,

Se perdre en un pays de flammes fantastiques.
Qu’est-ce donc que mon âme ? Un fantôme élastique,
L’hiver dans mon cerveau, le printemps dans mon coeur.

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Déposé par tizef le 16 mars 2015 à 11h06

La guigne me poursuit : mes deux roues sont crevées !
Je m’étais échappé, le contexte idéal,
Devant ce Contador dont je suis le féal.
J’allais peut-être avoir ces gerbes tant rêvées !

Aux premiers contreforts, j’avais creusé le trou
Et je caracolais en tête de la course.
Dans la dure montée du col de la Grande-Ourse,
Mes pneus sur le goudron faisaient un doux frou-frou.

Me suis-je défoncé, maintes fois sur ces routes,
Dans le froid, sous la pluie tombant à grosses gouttes,
Sous la dure fournaise érodant ma vigueur.

Porté par un concert de vivats fantastiques,
il est passé, l’athlète aux mollets élastiques.
Il me faut repartir. En aurai-je le cœur ?

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Déposé par Pierrot le 1er août 2016 à 17h36

Crotte !

Crotte ! Encore un sonnet… Madame on est crevées.
écrire comme on veut, ce serait l’idéal,
comme le dit souvent Jonathan, mon féal,
qui torche en un clin d’oeil des poésies rêvées.

Vous ne me croirez pas, il n’a jamais de trou.
On peut le déranger, sa plume suit sa course.
Il écrit de ces trucs (des fois sur la Grande-Ourse,
d’autres sur la petite) qui me font des frou-frou.

Avec sa mobylette on s’en va sur les routes.
Une fois il a plu. Pour éviter les gouttes
on s’est mis à l’abri. Maman, quelle vigueur !

Il avait de ces mots, carrément… fantastiques
et jouait de la lyre avec mes élastiques.
Oubliez les sonnets, Madame. Ayez du coeur !

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Pierrot le 1er août 2016 à 17h38

Je suis tizef, mais j’ai paumé mon mot de passe. J’ai donc ouvert un nouveau compte sous un autre pseudo.

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Déposé par Christian le 5 septembre 2016 à 09h22

Sur ta route des rats crevés,
voilà où conduit l’idéal !
Tu t’es heurté à la réal-
ité: c’est bon: t’as trop rêvé.

Cette route est pleine de trous...
tout l’y ralentit dans sa course...
et tu t’y geins tel un vieil ours
t’hématomant d’un peu partout...

Un peu brumeuse aussi ta route,
beau Rimbaldien, tu n’y vois goutte
(ou du fantôme à la rigueur)...

Toi qui trouvas si fantastique
ton jeu d’être un "autre", élastique,
t’as plus le temps,t’as plus le cœur...:(

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Déposé par Pierre Lamy le 2 août 2020 à 08h49

le même en vers de onze

Je m’en vais, les poings dans mes poches crevées ;
mon paletot aussi devient idéal ;
je vais sous le ciel, Muse ! et suis ton féal ;
fichtre ! que d’amours splendides j’ai rêvées !
 
Mon unique culotte a  un large trou.
— Petit-Poucet rêveur, j’égrene en ma course
des rimes. Mon auberge est à la Grande-Ourse.
— Mes étoiles au ciel ont un doux frou-frou.
 
Et je les écoute, assis au bord des routes,
ces bons soirs de septembre où je sens des gouttes
de rosée à mon front, tel vin de vigueur ;
 
Rimant au milieu des ombres fantastiques,
comme lyres, je tire les élastiques
de mes souliers blessés, un pied près mon cœur !

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