Rimbaud


Le Dormeur du val


 
C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
 
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
 
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
 
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
 

Octobre 1870.

Commentaire (s)
Déposé par tizef le 13 mars 2015 à 06h31

La dormeuse du val

Lili Duval sommeille au bord de la rivière,
Vêtue discrètement d’un tee-shirt en haillons.
On peut voir son sous-tif. Elle en est plus que fière.
Elle a, pour le trouver, fouillé bien des rayons.

Mais le ciel est bientôt envahi par la nue.
Du gris vient altérer la vigueur de son bleu.
L’adorable endormie que l’on sait presque nue
Quitte un îlot de rêve et peste : « Crotte ! Il pleut. »

Son soutien-gorge est détrempé par l’ondée. Comme
Une very bad-girl, elle jure, elle somme :
« HY-E-TI-OS ! Arrêtez la pluie, j’ai trop froid !»

Le dieu du mauvais temps retrousse une narine. 
Mauvais signe. Insensible à sa jolie poitrine,
Il douche l’insolente et la fait filer droit.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Vincent le 2 novembre 2019 à 00h32

Vol à l’arraché

Des diamants assemblés formaient une rivière,
Qui pendait à son cou, au-dessus de haillons.
Sur ce don de sa mère, dont elle était très fière,
Les jours de grand soleil, se miraient des rayons

(Le bijou scintillait, y compris sous les nues,
Mais plus intensément quand le ciel était bleu).
Sans son bel ornement, elle se sentait nue,
Son humeur ressemblait à Paris lorsqu’il pleut.

Un autre sans-abri le lui arracha comme
Il passait près d’elle, il le vola, en somme.
Elle ne bougea pas, grand était son effroi,

D’autant que le voleur, lui heurtant la narines,
De l’hémoglobine coulait sur sa poitrine,
Si je me souviens bien, c’était du côté droit.

misquette.wordpress.com

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 2 août 2020 à 11h55

Oiseau de la friche
----------

Un oiseau, pour chanter, se cache au creux du lierre
Pendant que nous buvons et que nous rimaillons ;
Autour de nous, ce sont la friche familière
Et le petit jardin auquel nous travaillons.

À l’ombre d’un bouleau, je vois la fourmilière
Dont les noirs habitants forment leurs bataillons ;
Voudront-ils explorer la maison de meulière,
Ou visiter la vigne aux étroits cavaillons ?
 
L’oiseau ne reste ici nullement pour les hommes,
Il profite du lieu, il chante pour sa pomme,
Quand le temps se réchauffe ou quand les jours sont froids.

Il reprendra son vol, dans la brise marine,
Pour aller se poser aux rives méandrines ;
Il prend une cerise, il en a bien le droit.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Vеrlаinе : «Un pеu dе mеrdе еt dе frоmаgе...»

Βаudеlаirе : Βоhémiеns еn vоуаgе

Ρеllеrin : Lа Ρеtitе Βеrgèrе

Sсаrrоn : Épitrе à Μоnsiеur Sаrаzin

Vеrlаinе : Τаntаlizеd

Vеrlаinе : Lеs Ιndоlеnts

Μаuсlаir : Légеndе : «Ιls l’оnt сlоuéе pаr lеs mаins...»

Vеrlаinе : Соllоquе sеntimеntаl

Βаnvillе : «Sсulptеur, сhеrсhе аvес sоin...»

☆ ☆ ☆ ☆

Lе Βrаz : Νосturnе

Βаudеlаirе : «Τu mеttrаis l’univеrs еntiеr dаns tа ruеllе...»

Jаmmеs : Lе sоlеil fаisаit luirе

Vеrlаinе : Lе Ρоètе еt lа Μusе

Lаutréаmоnt : «Jе сhеrсhаis unе âmе qui mе rеssеmblât...»

Βаudеlаirе : Lа Vоiх

Frаnс-Νоhаin : Sоlliсitudеs

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Du Rоi Hеnri аu соmmеnсеmеnt dе sоn règnе (Sаint-Gеlаis)

De Сurаrе- sur Сhаnsоn : «Lе bаtеаu sеntаit lе thé...» (Dоminiquе)

De Сосhоnfuсius sur «Jе nе vеuх соmpаrеr tеs bеаutés à lа Lunе...» (Rоnsаrd)

De Сосhоnfuсius sur À lа mémоirе dе Zulmа (Соrbièrе)

De Ρiеrrе Lаmу sur Sisinа (Βаudеlаirе)

De Ρiеrrе Lаmу sur Μа Βоhèmе (Rimbаud)

De Ρiеrrе Lаmу sur Sоnnеt аu Lесtеur (Μussеt)

De Τhundеrbird sur Sur un tоmbеаu (Τristаn L'Hеrmitе)

De Сurаrе- sur Сirсоnspесtiоn (Vеrlаinе)

De Jаdis sur Sоlitudе (Siеfеrt)

De Сurаrе- sur Τhérаpеutiquе (Μénаrd)

De Jаdis sur Соmpаrаisоn du Ρhéniх (Jаmуn)

De Jаdis sur Stаnсеs sur mоn јаrdin dе Βоuсhеrvillе (Quеsnеl)

De Εsprit dе сеllе sur Ρоur un аmi (Sаintе-Βеuvе)

De Lеwis Ρ. Shаnks sur Lе Μаuvаis Μоinе (Βаudеlаirе)

De Τhundеrbird sur L’Éсlаtаntе viсtоirе dе Sаrrеbruсk (Rimbаud)

De Vinсеnt sur «Соmmе un соrps féminin...» (Ρаpillоn dе Lаsphrisе)

De Élеvеur sur Sоnnеt : «Ιl у а dеs mоmеnts оù lеs fеmmеs sоnt flеurs...» (Сrоs)

De Quеlсаin sur «Dаphné sе vit еn lаuriеr соnvеrtiе...» (Sсаliоn dе Virblunеаu)

De Ρlutоrquе sur «J’еntrаis сhеz lе mаrсhаnd dе mеublеs, еt là, tristе...» (Νоuvеаu)

De Εsprit dе сеllе sur «Τоn оrguеil pеut durеr аu plus dеuх оu trоis аns...» (Viаu)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе