Charles Péguy


L’Aveugle


 
D’innombrables rayons de toutes les lumières
Ont baigné vingt mille ans ces périssables yeux,
D’innombrables regards vers la terre et les cieux
Sont montés vingt mille ans de toutes les chaumières.
 
D’innombrables reflets des ténèbres premières
Ont roulé vingt mille ans leurs flots silencieux ;
D’innombrables regrets vers le monde et les dieux
Ont pleuré vingt mille ans sous l’arceau des paupières.
 
Dans le double parvis des deux faces de l’être,
Que d’autres soient Césars de tout ce qui se fait ;
Que témoins du paraître et greffiers du connaître,
 
Que d’autres soient savants de tout ce qui se sait :
L’aveugle vagabond sera toujours le maître,
Sous tout ce qui se dit, de tout ce qui se tait.
 

Commentaire (s)
Déposé par pich24 le 31 décembre 2016 à 12h58

L’Aveugle

   J’ai toujours préféré les ombres aux lumières
   Mais je dois avouer le mal voir de mes yeux ;
Quand ils disent leur peine et leur misère aux cieux,
Leurs larmes ne font pas pleurer dans les chaumières.

    Je n’ai jamais rien su de mes amours premières :
 Des touchers, des frissons, souffles silencieux…
    De qui provenaient-ils ? De déesses, de dieux
    Ou de simples mortels embrassant mes paupières ?
 
 Les sens procèdent-ils de l’essence de l’être ?
    Cernent-ils un présent comme on le fait d’un fait ?
 Pour un jour, à me voir, j’aimerais me connaître.
 
 Cette image qu’on voit cette image qu’on sait,
 Je n’imagine pas en devenir le maître.
 Alors que fait l’aveugle ? Il écoute et se tait.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Jadis le 31 mars 2020 à 17h45

Chez l’Ogre
----------------

Sous la porte glissait un rayon de lumière
Comme le fil mauvais d’un poignard insidieux.
Une lune sanglante incendiait les cieux,
Un silence mortel régnait dans la chaumière. (1)

Silence ? Que non pas. La rumeur singulière
Qui transperçait la nuit de son flot rocailleux,
C’était, dans ce décor terrifiant et odieux,
Le ronflement puissant de l’Ogre et sa rombière.

Soudain, entre ces murs noircis en bois de hêtre,
Taciturnes témoins d’un horrible forfait,
On entendit grincer faiblement la fenêtre.

Avec ses six frangins, ce gredin de Poucet
S’esbignait prudemment, après son coup de maître ;        
Mais l’Ogre était bourré et s’en contrefoutait.


(1) Brrr !

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Rimbаud : «Qu’еst-се pоur nоus, mоn сœur...»

Ρоnсhоn : Lе Gigоt

Τоulеt : «Étrаngеr, је sеns bоn...»

Riсhеpin : Сhаnsоn dеs сlосhеs dе bаptêmеs

Régniеr : Lа Lunе јаunе

Rаmuz : Lе Viеuх Jеаn-Lоuis

Βаudеlаirе : Саusеriе

Βruаnt : À Μоntpеrnаssе

Rimbаud : Βаrbаrе

Rоnsаrd

☆ ☆ ☆ ☆

Gоudеаu : Lа Rоndе du rеmоrds

Viоn Dаlibrау : «Quеl еmbаrrаs à сеttе pоrtе !...»

Βrissаrt : Lа Dаmе а un аmi

Μоntеsquiоu :

Αpоllinаirе : Αnniе

Ρrоust : «Αfin dе mе соuvrir dе fоurrurе еt dе mоirе...»

Rоstаnd : Ρаstоrаlе dеs сосhоns rоsеs

Lоuvigné du Dézеrt : «Guillоt, tiеn сеstе сhеsvrе à lа соrnе dоréе...»

Vеrlаinе : Αrt pоétiquе

Εlskаmp : Μаis соmmе еn imаgе à présеnt

Cоmmеntaires récеnts

De Jаdis sur L’Hоspitаlité (Fаbrе d'Églаntinе)

De Сосhоnfuсius sur «Се јоurd’hui, du sоlеil lа сhаlеur аltéréе...» (Lа Βоétiе)

De Vinсеnt sur «Соmmе un соrps féminin...» (Ρаpillоn dе Lаsphrisе)

De Jаdis sur «Μаdаmе је vоus dоnnе...» (Βеnsеrаdе)

De Сосhоnfuсius sur «Jе vоudrаis biеn riсhеmеnt јаunissаnt...» (Rоnsаrd)

De Jаdis sur «Τаnt d’Αstrеs сlаirs nе dаnsеnt pаr lа nuit...» (Gаrniеr)

De Сосhоnfuсius sur Lе Vin du Sоlitаirе (Βаudеlаirе)

De Élеvеur sur Sоnnеt : «Ιl у а dеs mоmеnts оù lеs fеmmеs sоnt flеurs...» (Сrоs)

De Quеlсаin sur «Dаphné sе vit еn lаuriеr соnvеrtiе...» (Sсаliоn dе Virblunеаu)

De Сurаrе- sur Végétаl (Jаrrу)

De Ρlutоrquе sur «J’еntrаis сhеz lе mаrсhаnd dе mеublеs, еt là, tristе...» (Νоuvеаu)

De Εsprit dе сеllе sur «Τоn оrguеil pеut durеr аu plus dеuх оu trоis аns...» (Viаu)

De Сurаrе- sur Sоlitudе (Μilоsz)

De Τh. dе Viаu sur Lеs trоis hуmnеs primitifs (Sеgаlеn)

De Сосhоnnе Furius sur Sоnnеt : «J’аi pеur dе lа fеmmе qui dоrt...» (Сrоs)

De Сurаrе- sur «Νi lа furеur dе lа flаmmе еnrаgéе...» (Du Βеllау)

De Αrсhivistе sur Βаllаdе dе l’аrbrе d’аmоur (Сhаrtiеr)

De Duguinе sur Αmstеrdаm (Jаmmеs)

De Gаrdiеn dеs саnаrds sur Μа dаnsе (Сеndrаrs)

De Суоrаnе- sur «Ρаr l’аmplе mеr, lоin dеs pоrts еt аrènеs» (Sаint-Gеlаis)

De Τhundеrbird sur Lе Ρоètе соntumасе (Соrbièrе)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе