Philothée O’Neddy

Feu et Flamme, 1833


Amour


 

   
Espérons en les dieux, et croyons à notre âme !
De l’amour dans nos cœurs alimentons la flamme !
De Lamartine.


 

Si la Marchesina sort du palais furtive,
Ce n’est pas pour rêver à la chute plaintive
Des cascades rongeant leurs sonores gradins ;
Si son pied va foulant la mousse des jardins,
Si dans le bois douteux sans duègne elle s’expose,
Ce n’est pas, croyez-moi, pour la brise ou la rose.
Tremblante, son oreille écoute... Oh ! ce n’est pas
La voix du rossignol : c’est le bruit sourd d’un pas
Qui rapidement glisse au limbe de l’allée.
D’un nuage d’amour sa paupière est voilée ;
Elle appuie, au sommet d’un talus de gazon,
Sa tête langoureuse où s’éteint la raison.
Tout-à-coup, traversant le hallier qui palpite,
À ses pieds adorés l’amant se précipite.
 
 
 

LE JEUNE HOMME


 
Laisse, fée aux yeux noirs, laisse mon corps jaloux,
Comme un serpent lascif, s’étendre à tes genoux !
Lorsque la vénusté de son éclat m’obombre,
Dieu seul de mes bonheurs pourrait dire le nombre.
Laisse ma tête en feu, se serrant contre toi,
Caresser follement ta robe ; laisse-moi,
Sous l’amour de tes yeux qui me trempent de flamme,
Respirer comme un vague et saisissant dictame.
Que je boive à pleins bords l’oubli des mauvais jours !
Ma reine, dis-moi bien que tu seras toujours,
Dans les sables brûlants de ma vie agitée,
Mon ombreuse oasis et ma coupe enchantée !
 
 
 

LA DAME


 
Est-ce qu’il m’est possible, amour ! d’être un moment
Sans parfumer ton sort de mon saint dévouement ?
Oh ! puis-je sur tes pas répandre assez de myrrhe,
Toi qu’avec passion je vénère et j’admire,
Toi qui parles si bien des femmes et du ciel,
Toi dont l’organe aimant réalise Ariel ?
Puis-je assez te chérir, mon ange, mon idole !
Toi qui, lorsque, le soir, nous allons en gondole,
Chantes pour moi des vers dans les parfums du vent ;
Toi qui sais m’adorer en poète fervent,
Comme aux jours du passé Pétrarque adorait Laure,
Le Dante Béatrix, le Tasse Éléonore ;
Toi dont le cœur est vierge, et dont la vie enfin
Est un hymne d’amour sans lacune et sans fin ?...
 
 
 

LE JEUNE HOMME


 
Oh ! laisse mes deux bras te faire une ceinture !
Viens ! De tous les bonheurs épars dans la nature,
Au centre d’un baiser, chère amante, essayons
De confondre et d’unir les multiples rayons.
Mets tes yeux sur mes yeux. Donne à ma lèvre, donne
Ta lèvre séraphique, ô ma blanche madone ! —
 
 
Dieux ! le beau, le divin, le sublime baiser
Qu’à ce propos galant, vous l’eussiez vu poser
Sur la bouche de miel de sa pâle marquise,
Qui se mourait d’amour, dans une pose exquise !...
 
— Oh ! pourquoi les grelots d’un maudit muletier
Sonnèrent-ils alors, dans le voisin sentier ?...
— Oh ! pourquoi, tout auprès du couple qui s’effare,
Passa-t-il une chasse entonnant sa fanfare ?...
 
 

1831

Commentaire (s)
Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Βlаisе Сеndrаrs

Rоnsаrd : Dе l’Élесtiоn dе sоn Sépulсrе

Νuуsеmеnt : «Lе vаutоur аffаmé qui du viеil Ρrоméthéе...»

Lа Сеppèdе : «Сеpеndаnt lе sоlеil fоurnissаnt sа јоurnéе...»

Τоulеt : «Dаns lе silеnсiеuх аutоmnе...»

Μussеt : À Αlf. Τ. : «Qu’il еst dоuх d’êtrе аu mоndе, еt quеl biеn quе lа viе !...»

Vеrlаinе : «Lа mеr еst plus bеllе...»

Jасоb : Lе Dépаrt

Βеrtrаnd : Μоn Βisаïеul

Ρоnсhоn : Lе Gigоt

Lа Fоntаinе : Lе Сhаrtiеr еmbоurbé

Jасоb : Silеnсе dаns lа nаturе

☆ ☆ ☆ ☆

Βаudеlаirе : Unе сhаrоgnе

Lаfоrguе : Lе Sаnglоt univеrsеl

Сrоs : Ρituitе

Jаmmеs : Lа sаllе à mаngеr

Régniеr : Lа Lunе јаunе

Rоdеnbасh : «Αllеluiа ! Сlосhеs dе Ρâquеs !...»

Lаfоrguе : Соmplаintе d’un аutrе dimаnсhе

Vеrlаinе : Lе Dеrniеr Dizаin

Νоël : Visiоn

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur Sаintе (Μаllаrmé)

De Сосhоnfuсius sur «Jе vоguе sur lа mеr, оù mоn âmе сrаintivе...» (Gоmbаud)

De Сосhоnfuсius sur Εn hivеr (Vеrhаеrеn)

De Dаmе dе flаmmе sur Vеrlаinе

De Сurаrе- sur Sur l’Hélènе dе Gustаvе Μоrеаu (Lаfоrguе)

De Dаmе dе flаmmе sur Οisеаuх dе pаssаgе (Riсhеpin)

De Сurаrе- sur «Ιl n’еst riеn dе si bеаu соmmе Саlistе еst bеllе...» (Μаlhеrbе)

De Xi’аn sur Lе Gigоt (Ρоnсhоn)

De Jаdis sur «Lе Sоlеil l’аutrе јоur sе mit еntrе nоus dеuх...» (Rоnsаrd)

De Jаdis sur «Qu’еst-се dе vоtrе viе ? unе bоutеillе mоllе...» (Сhаssignеt)

De Dаmе dе flаmmе sur À sоn lесtеur : «Lе vоilà сеt аutеur qui sаit pinсеr еt rirе...» (Dubоs)

De Yеаts sur Ρаul-Jеаn Τоulеt

De Ιо Kаnааn sur «Μаîtrеssе, quаnd је pеnsе аuх trаvеrsеs d’Αmоur...» (Rоnsаrd)

De Rоzès sur Μédесins (Siсаud)

De Dаmе dе flаmmе sur «Hélаs ! vоiсi lе јоur quе mоn mаîtrе оn еntеrrе...» (Rоnsаrd)

De Jаdis sur «J’аdоrе lа bаnliеuе аvес sеs сhаmps еn friсhе...» (Соppéе)

De Rоzès sur Lе Сhеmin dе sаblе (Siсаud)

De Sеzоr sur «Jе vоudrаis biеn êtrе vеnt quеlquеfоis...» (Durаnt dе lа Βеrgеriе)

De KUΝG Lоuisе sur Villе dе Frаnсе (Régniеr)

De Xi’аn sur Jеhаn Riсtus

De Xi’аn sur «Épоuvаntаblе Νuit, qui tеs сhеvеuх nоirсis...» (Dеspоrtеs)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе

 



Photo d'après : Hans Stieglitz