Germain Nouveau

Valentines, 1887


Supérieure


 
J’entendais parler tout à l’heure
D’une femme supérieure.
Ce n’est, ma Mignonne... pas Toi...
Car... que sais-tu faire en ce monde,
Petite reine toute ronde
Faite au tour pour le bal du roi ?
 
Oui, raconte-nous tes affaires ;
Ah ! voilà longtemps que les verres
De ta quenouille sont cassés !
Tu ne sais faire, ni couture...
Les pommes au lard, par nature !
Soit ! mais, franchement, est-ce assez ?
 
Tu ne sais rien faire que lire ;
Cependant, Tu pourrais écrire,
Sculpter, peindre... l’homme et les cieux ;
Mais on voit ta crainte profonde
De n’arriver que la seconde
Et surtout derrière un monsieur.
 
Si Tu cultivais la Musique,
Ah !... quel enchantement physique !
Quels chefs-d’œuvre de Passion !
Mais Tu passes ton temps à lire
Tout, de l’excellent jusqu’au pire,
« À titre d’information ».
 
Tu ne sais rien faire qu’entendre,
Discerner, saisir, et comprendre
Que tout est clair comme le jour.
Car la femme supérieure,
Tu vois bien que c’est la meilleure,
Celle qui fait le mieux l’amour.
 
Celle qui garde sous ses tresses
Le plus grand trésor de caresses ;
Les baisers les plus triomphants,
Qui cherche à dépasser sa mère
Et fait tous ses efforts pour faire,
Pour faire les plus beaux enfants.
 
Car la femme qui peint les anges,
Qui signe des romans étranges,
Qui fait des vers, bien mieux que moi,
De la musique, et la meilleure,
Peut bien être supérieure
Aux autres femmes — pas à Toi.
 
Car la femme qui fait la femme
Avec son Corps où brûle une âme,
Dans un lit, troublant, pour le roi,
Qui de baisers dévore l’heure,
Peut bien être supérieure
À tous les hommes — pas à Toi.
 

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