Anna de Noailles

Le Cœur innombrable, 1901


Il fera longtemps clair ce soir...


 
Il fera longtemps clair ce soir, les jours allongent,
La rumeur du jour vif se disperse et s’enfuit,
Et les arbres, surpris de ne pas voir la nuit,
Demeurent éveillés dans le soir blanc, et songent...
 
Les marronniers, sur l’air plein d’or et de lourdeur,
Répandent leurs parfums et semblent les étendre ;
On n’ose pas marcher ni remuer l’air tendre
De peur de déranger le sommeil des odeurs.
 
De lointains roulements arrivent de la ville...
La poussière, qu’un peu de brise soulevait,
Quittant l’arbre mouvant et las qu’elle revêt,
Redescend doucement sur les chemins tranquilles.
 
Nous avons tous les jours l’habitude de voir
Cette route si simple et si souvent suivie,
Et pourtant quelque chose est changé dans la vie,
Nous n’aurons plus jamais notre âme de ce soir...
 

Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 8 décembre 2024 à 09h24


La mare est attirante, une grenouille y plonge,
Le décor est charmant, le cadre la séduit ;
Déjà, négligemment, pour tromper son ennui,
Elle y jette les plis de sa serviette-éponge,

Et puis, sans barguigner, s’y vautre avec ardeur,
Espérant de la sorte un moment se détendre.
Quoi de mieux, en effet, que mollement s’étendre
Sur les bords d’un étang aux vertes profondeurs.

L’eau glauque porte bien quelques colibacilles
Évoquant l’hôpital ou le champ de navets ;
Elle tressaille un peu car, présage mauvais,
Le bassin, de surcroît, grouille de crocodiles.

Mais voici qu’elle chute au fond du réservoir,
Par les alligators aussitôt poursuivie ;
Et un gonze farceur qui passait la convie
À gigoter plus vite et conserver l’espoir.

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