Musset

[Poésies posthumes]


Une promenade au Jardin des Plantes


 
Sous ces arbres chéris, où j’allais à mon tour
Pour cueillir, en passant, seul, un brin de verveine,
Sous ces arbres charmants où votre fraîche haleine
Disputait au printemps tous les parfums du jour ;
 
Des enfants étaient là qui jouaient alentour ;
Et moi, pensant à vous, j’allais traînant ma peine ;
Et si de mon chagrin vous êtes incertaine
Vous ne pouvez pas l’être au moins de mon amour.
 
Mais qui saura jamais le mal qui me tourmente ?
Les fleurs des bois, dit-on, jadis ont deviné !
Antilope aux yeux noirs, dis, quelle est mon amante ?
 
Ô lion, tu le sais, toi, mon noble enchaîné ;
Toi qui m’as vu pâlir lorsque sa main charmante
Se baissa doucement sur ton front incliné.
 

Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 11 décembre 2017 à 11h42

Seigneur chiropode
---------------------------

À la modération ce seigneur a recours :
Il buvait de la bière, il boit de la verveine.
Il mange des anchois, et non plus des baleines,
Et pour sa promenade, il suit un long parcours.

Ses compagnons sont là, qui vivent alentour ;
De vieillir à plusieurs, vraiment, c’est moins de peine ;
Qu’importe la santé devenant incertaine,
L’âme ne souffre plus des anciennes amours.

Ces vieillards sont ainsi, plus rien ne les tourmente,
Leur labeur en ce monde est bientôt terminé.
De moins en moins souvent rêvant à leurs amantes,

Leurs coeurs, finalement, ne sont plus enchaînés ;
Ils ne trembleront plus quand une main charmante
Apportera son aide à leur corps incliné.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 22 juillet 2018 à 12h49

Oiseau sans souci
-----------------------

Du hasard de la vie cet oiseau prend secours ;
Il aime le grand parc où mûrit la verveine,
La friche qui s’étend sur les bords de la Seine
Et tout ce qu’il peut voir sur ses petits parcours.

Il connaît son domaine, aussi les alentours ;
Les trajets familiers, il s’en souvient sans peine.
Il n’est plus dans un temps d’errances incertaines,
Ni des expéditions qu’il osait par amour.

Il sait chanter un peu, quand rien ne le tourmente,
Quand un beau jour d’automne est bientôt terminé,
Quand il sait que de loin lui répond une amante.

Son coeur, finalement, ne fut pas enchaîné ;
Mais le doux souvenir d’une oiselle charmante
Réconforte son corps et le fait s’incliner.

[Lien vers ce commentaire]

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