Henry Murger

(1822-1861)

Un autrе pоèmе :

Αu lесtеur

 

 

Henry Murger


Les Baigneuses


 
À mes désirs voici l’heure prospère,
Oui, ce moment va combler tous mes vœux ;
Loin des regards, sans vêtements, ma chère,
Un même bain va nous voir toutes deux.
Fais comme moi, quitte aussi ta chemise
Et de ton sein enlève ce mouchoir.
Ne tremble pas ; crains-tu quelque surprise ?
Va, sois tranquille, aucun ne peut nous voir.
 
Tiens, comme moi te voici toute nue :
Grands dieux ! combien tu possèdes d’appas !
Combien aussi ta gorge s’est accrue !
Qu’ils sont jolis les contours de tes bras !
Ah ! tant d’attraits dans peu, je le parie,
De mille amants feront le désespoir :
Laisse-moi les contempler, je t’en prie...
Va, sois tranquille, aucun ne peut nous voir.
 
— Plaisantes-tu dans ce moment ? de grâce...
Tes compliments vont me faire rougir !
Si tu savais en moi ce qui se passe,
Ta vue aussi m’inspire maint désir ;
Si, de l’amour, par la douce magie,
D’être homme, ici, j’obtenais le pouvoir,
Qu’avec transport ta fleur serait ravie...
Va, sois tranquille, aucun ne peut nous voir.
 
— Ciel, que fais-tu ? — Sur tes lèvres de rose,
Laisse-moi donc cueillir un doux baiser.
— Je le veux bien, mais tu fais autre chose ;
Pourquoi ta main vient-elle m’agiter ?
De tes baisers je suis toute tremblante ;
Nouveaux désirs me viennent émouvoir...
Finis... ô Dieux ! prends pitié, chère amante...
Va, sois tranquille, aucun ne peut nous voir.
 
— Mais, de ma main quel doit être l’usage ?
— C’est pour calmer le feu que je ressens.
Jusqu’à ce jour, toi, modeste et si sage,
Tu connaissais ces baisers si enivrants ?
De ces couleurs sur ce lien que je touche,
Que le contraste est ravissant à voir !
— Ah ! que fais-tu ?... où se porte ta bouche ?...
Va, sois tranquille, aucun ne peut nous voir.
 
— Tiens, tu renais ; mais, par mainte caresse,
Tu veux encore expirer dans mes bras ;
Contre mon sein ta main droite se presse,
Et l’autre main me lutine plus bas.
— Oh ! que ton corps soit docile à ma flamme,
De ton amie apprends tout le savoir !
— Épargne moi ! quels baisers !... je me pâme...
Va, sois tranquille, aucun ne peut nous voir.
 
Mais maintenant, baignons-nous, douce amie ;
Livrons nos corps au cristal de ces eaux :
Plus qu’un baiser sur ta bouche jolie,
Nos sens émus ont besoin de repos ;
Après, chez toi, feignant quelque migraine,
Un même lit nous recevra ce soir ;
L’amour alors embellira la scène
Et sans témoins il fera son devoir !
 

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