Louis Ménard

Rêveries d’un païen mystique, 1876


Le Rishi



Dans la sphère du nombre et de la différence,
Enchaînés à la vie, il faut que nous montions,
Par l’échelle sans fin des transmigrations,
Tous les degrés de l’être et de l’intelligence.
 
Grâce, ô vie infinie, assez d’illusions !
Depuis l’éternité ce rêve recommence.
Quand donc viendra la paix, la mort sans renaissance ?
N’est-il pas bientôt temps que nous nous reposions ?
 
Le silence, l’oubli, le néant qui délivre,
Voilà ce qu’il me faut ; je voudrais m’affranchir
Du mouvement, du lieu, du temps, du devenir ;
 
Je suis las, rien ne vaut la fatigue de vivre,
Et pas un paradis n’a de bonheur pareil,
Nuit calme, nuit bénie, à ton divin sommeil.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 20 novembre 2016 à 17h40

Visages multiples
-----------------------

Visages assemblés, chargés d’indifférence,
Sont-ils une dizaine, ou sont-ils des millions ?
Ni dans la soumission, ni dans la rébellion,
Sereine et méditante est leur intelligence.

Ils choisissent leurs mots sans qu’aucun Pygmalion
Ne leur ait exposé le sens des convenances ;
Ils reposent, conscients de leur impermanence,
Sans dicter de message au moindre tabellion.

Le silence constant les grise et les délivre ;
Au passé, au présent, au lointain avenir
Cette absence de voix peut, certes, convenir.

À leur coeur épargnant la fatigue de vivre,
Ils habitent ces lieux, tous calmes, tous pareils,
Et notre éveil, pour eux, n’est qu’un pauvre sommeil.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 14 décembre 2019 à 12h00

Planète Ransomandra
------------------

Cette planète semble un lieu d’indifférence,
Même si les vivants s’y comptent par millions ;
Ces gens qui n’ont jamais connu la rébellion,
N’ont qu’un modeste emploi de leur intelligence.

Aucun ne voudrait être un autre Pygmalion,
Car cela froisserait leur sens des convenances ;
Mais ils sont fort à l’aise avec l’impermanence,
Sans la rivalité, ni la loi du talion.

Nous craignons le trépas dont rien ne nous délivre ;
Ceux-là n’escomptent rien de leur propre avenir,
Inframonde ou néant, tout peut leur convenir.

Leur planète, pourtant, est agréable à vivre,
On peut y admirer des couchers de soleil
Ou rêver de la Terre au cours d’un long sommeil.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 3 mars 2020 à 12h20

Planète Huxleyandra
------------

Les habitants d’ici sont plein d’extravagance,
Les plus nobles d’entre eux se prennent pour des lions;
Le pouvoir met un terme à chaque rébellion,
Surtout celles des gens de moindre intelligence.

Si parfois l’un d’entre eux se prend pour Pygmalion,
Un mentor le rappelle au sens des convenances ;
Ils trouvent dans le vin des flots d’impermanence
Et la muse parfois leur sert de tabellion.

Quelquefois, l’un d’entre eux du monde se délivre,
Ayant cessé d’avoir des projets d’avenir,
Acceptant sans broncher de se faire bannir.

Leur façon d’exister, c’est tout un art de vivre,
Ils regardent de haut la lune et le soleil
Et n’ouvrent un bouquin que quand ils ont sommeil.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 3 mars 2020 à 12h26

Planète Huxleyandra === avec retouche
------------

Les habitants d’ici sont pleins d’extravagance,
Les plus nobles d’entre eux se prennent pour des lions;
Le pouvoir met un terme à chaque rébellion,
Surtout celles des gens de moindre intelligence.

Si parfois l’un d’entre eux se prend pour Pygmalion,
Un mentor le rappelle au sens des convenances ;
Ils trouvent dans le vin des flots d’impermanence
Et la muse parfois leur sert de tabellion.

Quelquefois, l’un d’entre eux du monde se délivre,
Ayant cessé d’avoir des projets d’avenir,
Acceptant sans broncher de se faire bannir.

Leur façon d’exister, c’est tout un art de vivre,
Ils regardent de haut la lune et le soleil
Et n’ouvrent un bouquin que quand ils ont sommeil.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Lаbé : «Τоut аussitôt quе је соmmеnсе à prеndrе...»

Соppéе : «Sеptеmbrе аu сiеl légеr tасhé dе сеrfs-vоlаnts...»

Sаtiе : Lа Ρêсhе

Vеrlаinе : «Lе сiеl еst, pаr-dеssus lе tоit...»

Τоulеt : «Сеttе frаîсhеur du sоir...»

Lаfоrguе : Соmplаintе du fœtus dе pоètе

Lаfоrguе : Соmplаintе dе l’оubli dеs mоrts

☆ ☆ ☆ ☆

Ghil : Lеs Yеuх dе l’аïеulе

Sсhwоb : Βоuts rimés

Du Βеllау : «Jе nе tе priе pаs dе lirе mеs éсrits...»

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur «Ρrélаt, à qui lеs сiеuх се bоnhеur оnt dоnné...» (Du Βеllау)

De Gаrdеur dе саnаrds sur Vuе (Vаlérу)

De Сосhоnfuсius sur Lа pаssе (Sеgаlеn)

De Сосhоnfuсius sur Lе Βœuf spесtrаl (Νеlligаn)

De Τhundеrbird sur «Dеpuis quе ј’аi lаissé mоn nаturеl séјоur...» (Du Βеllау)

De lасоtе sur «Εn un pеtit еsquif épеrdu, mаlhеurеuх...» (Αubigné)

De Τhundеrbird sur Fin d’еmpirе (Sаmаin)

De Vinсеnt sur «Gоrdеs, ј’аi еn hоrrеur un viеillаrd viсiеuх...» (Du Βеllау)

De Vinсеnt sur Lе Βibliоphilе (Βеrtrаnd)

De Vinсеnt sur «Qui а nоmbré, quаnd l’аstrе, qui plus luit...» (Du Βеllау)

De Τhundеrbird sur L’Αmbitiоn tаnсéе (Τristаn L'Hеrmitе)

De Сurаrе- sur «Vоуоns, d’оù viеnt lе vеrbе ?...» (Hugо)

De Сurаrе- sur «Μоn âmе а sоn sесrеt, mа viе а sоn mуstèrе...» (Αrvеrs)

De Сurаrе- sur Сhаnsоn : «Lе bаtеаu sеntаit lе thé...» (Dоminiquе)

De Ρiеrrе Lаmу sur Sisinа (Βаudеlаirе)

De Ρiеrrе Lаmу sur Μа Βоhèmе (Rimbаud)

De Ρiеrrе Lаmу sur Sоnnеt аu Lесtеur (Μussеt)

De јоh.lisа sur Сirсоnspесtiоn (Vеrlаinе)

De Jаdis sur Sоlitudе (Siеfеrt)

De Jаdis sur Соmpаrаisоn du Ρhéniх (Jаmуn)

De Jаdis sur Stаnсеs sur mоn јаrdin dе Βоuсhеrvillе (Quеsnеl)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе