Fernand Mazade

Dernier Cahier des Amours, 1937


La Dormeuse


 
Cependant que veillait le duc de Pampelune
Dans la tour où semblait dormir la Belle-au-bois
Et que, n’osant briser le silence, les doigts
Croisés, il contemplait la chevelure brune :
 
Tandis qu’il attendait, en de charmants émois,
Que du baiser joyeux sonnât l’heure opportune.
Les Sarrasins, juste à l’instant que naît la lune,
Se sont subitement rués tous à la fois.
 
Alors un bruit courut dans le château sans lampes
Hoquets d’ivresse, appels sonnant de mur en mur,
Avec des cliquetis de couteaux sur les rampes ;
 
Et par les croisillons de sinople et d’azur
Le duc vit, du côté que miroitent les mares,
La Belle, toute nue et qui, sous le ciel pur,
 
Galopait librement au milieu des Barbares.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 4 novembre 2014 à 12h51


Quelques pigments
------------------------

Pour l’argent, nous prendrons un long rayon de lune ;
Gueules nous tirerons de la fraise des bois,
Azur du vaste ciel qui surplombe les toits,
Sinople du bocage où mûrissent les prunes,

Or d’une vieille mine auprès d’un torrent froid
Et sable de la nuit aux songes opportune.
Posant sur notre écu ces couleurs de fortune,
Nous serons aussi fier que les ducs ou les rois.

Dans l’éclat du grand jour ou dans celui des lampes,
Portières de carrosse ou lambeaux de vieux murs
Porteront noblement la polychrome estampe ;

Même en notre tombeau, dans ce logis obscur,
Le pourra blasonner la vermine qui rampe,
En langage héraldique, en mots formels et purs.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 12 janvier 2017 à 14h51

Demi-tour
--------------

Le long serpent  de mer s’hydrate sous la lune ;
Comme beaucoup de gens, c’est un demi qu’il boit,
Mais son verre est géant, comme une tour sans toit,
Quand il vient consommer, ce n’est pas pour des prunes.

Le reptile, absorbant tout ce liquide froid,
Pense qu’aux vrais soiffards la tour est opportune ;
Et jamais la boisson ne coûte une fortune,
On ne surtaxe point sa dignité de roi.

Engourdi par le goût de la bière qu’il lampe,
Il devient un poète, un rêveur au coeur pur,
Ou  cet ermite fou qu’on voit sur les estampes.

La maître de la tour, un tavernier obscur,
Laissera méditer ce monarque qui rampe,
Jusqu’à ce que la nuit  se perde dans l’azur.

[Lien vers ce commentaire]

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