Clément Marot


Anne, par jeu, me jeta de la neige


 
Anne, par jeu, me jeta de la neige
Que je cuidais froide certainement.
Mais c’était feu : expérience en ai-je,
Car embrasé je fus soudainement.
Puisque le froid brûle pareillement
Comme le feu, où trouverai-je place
Pour n’ardre point ? Anne, ta seule grâce
Éteindre peut le feu que je sens bien,
Non point par eau, par neige ni par glace,
Mais par sentir un feu pareil au mien.
 

Commentaire (s)
Déposé par adara le 22 août 2014 à 13h31

MERCI  Que vive l’Esprit!

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Déposé par vincent nindagiye le 19 septembre 2015 à 22h49

c’est vraiment génial.que,diable, Marot n’est plus!

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Déposé par William le 11 mai 2017 à 23h43

L’expérience en ai-je

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Déposé par William le 11 mai 2017 à 23h47

De mémoire j’ai appris le dizain de neige avec d’autres vers..."puisque le feu loge secrètement dedans la neige..." C’est mieux

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Déposé par Gardien des Albatros le 12 mai 2017 à 19h26

C’est vrai. Voici cette version que donne les Oeuvres poétiques en GF (en orthographe modernisée..) :

D’Anne qui lui jeta de la neige

Anne, par jeu, me jeta de la neige,
Que je cuidais froide certainement :
Mais c’était feu, l’expérience en ai-je,
Car embrasé je fus soudainement.
  Puisque le feu loge secrètement
Dedans la neige, où trouverai-je place
Pour n’ardre point ? Anne, ta seule grâce
Éteindre peut le feu que je sens bien,
Non point par eau, par neige ne par glace,
Mais par sentir un feu pareil au mien.

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Déposé par Jadis le 26 octobre 2019 à 17h48


Anne, par jeu, me jeta de la neige.
Je lui jetai des cailloux, du ciment,
De vieux ressorts, des bouteilles, que sais-je,
Et des boulons, des clous, joyeusement.
C’était espiègle et tout à fait charmant ;
Pourtant le jeu lui parut peu cocasse :
Avec aigreur, et faisant la grimace ,
Elle se mit à me traiter de chien,
De vieux crapaud, de serpent, de limace –
C’était un peu mérité, j’en conviens.

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