Mallarmé

Poésies, 1899


Tombeau


 

             
Anniversaire — Janvier 1897.


Le noir roc courroucé que la bise le roule
Ne s’arrêtera ni sous de pieuses mains
Tâtant sa ressemblance avec les maux humains
Comme pour en bénir quelque funeste moule.

Ici presque toujours si le ramier roucoule
Cet immatériel deuil opprime de maints
Nubiles plis l’astre mûri des lendemains
Dont un scintillement argentera la foule.

Qui cherche, parcourant le solitaire bond
Tantôt extérieur de notre vagabond —
Verlaine ? Il est caché parmi l’herbe, Verlaine

À ne surprendre que naïvement d’accord
La lèvre sans y boire ou tarir son haleine
Un peu profond ruisseau calomnié la mort.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 1er octobre 2014 à 11h24

Sagesse de jules César
---------------------------

César, qu’on représente avec un dé qui roule
Et qu’il vient de lancer d’une fiévreuse main,
Avait prémédité les destins des Romains
Comme un sculpteur penché sur l’esquisse et le moule ;

Levé dès l’aube, à l’heure où le ramier roucoule,
Il faisait tout le jour un effort surhumain
En vue de merveilleux et nobles lendemains,
Mais cela n’était point approuvé par la foule.

Le peuple n’aime pas qu’on progresse par bonds,
Ni qu’on fasse des gars des soldats vagabonds
Couverts par la Légion d’un lourd manteau de laine ;

Et César, sur la fin, s’en trouva bien d’accord :
Parmi les sénateurs, retenant son haleine,
L’homme baigné de sang souriait à la mort.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 6 décembre 2017 à 12h06

Maître Canard
-----------------

S’éloignant de l’ornière où les charrettes roulent,
Il fuit de l’égorgeur la menaçante main ;
C’est à travers le ciel qu’il trace son chemin,
Où tout au long du jour les quatre vents s’écoulent.

Ayant pour compagnon le ramier qui roucoule,
Il a franchi les monts, d’un effort surhumain,
Il va vers de joyeux et nobles lendemains.
Il a quelques suiveurs, mais ils ne sont pas foule.

La grenouille le craint, qui  progresse par bonds,
Ainsi que, dans le Sud, les criquets vagabonds ;
Mais il dévore aussi des lombrics dans les plaines.

Avec toi, cher canard, nous sommes bien d’accord :
Dans cette longue voie qui de périls est pleine,
Nous devons essayer d’échapper à la mort.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Jadis le 16 novembre 2019 à 18h12

Gombo
----------

Aujourd’hui, j’ai tenté la recette tamoule
Au fond d’un grand faitout fait en duralumin.
C’est fini, je transpire en m’essuyant les mains,
Mais j’ai bien patiné en fait dans la semoule.

C’est prêt, à table, allez, bon appétit ma poule,
J’ai mis du curcuma, du gombo, du cumin,
Mais c’est pas vraiment ça, et ça me fout les boules.

Le résultat paraît plutôt nauséabond :
On dirait de la colle, ou du rata, mais bon,
Il faut bien découvrir la cuisine indigène.

Alors délectons-nous, bâfrons comme des porcs
En écoutant Madras sur mon poste à galène,
Vu que j’ai toujours pas de poste à transistor.

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Déposé par Jadis le 16 novembre 2019 à 19h00

Ah ben j’ai oublié un vers, après "cumin", lire :

"Bref, je me suis fendu d’un effort surhumain,"

(Et c’est rien de le dire).

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Déposé par Cochonfucius le 5 juin 2021 à 13h48

Les quatre vents du ciel
--------

C’est par notre pouvoir que ce nuage roule,
Même si, tu le vois, nous n’avons pas de mains ;
Tout le jour il suivra d’invisibles chemins,
Lui qui n’a nul regard sur le temps qui s’écoule.

Sous notre assaut, parfois, un vaste mur s’écroule,
Car nous respectons peu le labeur des humains ;
Nous sommes durs un jour, tendres le lendemain,
Sas jamais nous soumettre aux désirs de la foule.

Dieu nous fit tous les quatre, et trouva cela bon ;
Grâce à nous les objets deviennent vagabonds,
Notre puissante voix résonne dans la plaine.

Témoins de notre entente et de nos désaccords,
Les démons nous saluent avec leur voix vilaine ;
Nous ne répondons point à ces porteurs de mort.

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